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Le début de l’ère Molson

Le début de l’ère Molson
photo d’archives Pierre Gauthier a creusé sa tombe le jour où il a remplacé Jacques Martin par Randy Cunneyworth.

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Pierre Gauthier avait creusé sa tombe le jour où il a remplacé Jacques Martin par Randy Cunneyworth. Geoff Molson a attendu que son équipe soit officiellement éliminée de la course aux séries pour remplir la fosse.

Tout en se disant chagriné en confirmant cette mort annoncée, le jeune propriétaire du Tricolore a donné l’impression d’avoir le contrôle de la situation. Comme un chef de direction se doit de le démontrer.

Pour tout dire, il n’a pas pleuré longtemps le départ de Gauthier. Ronald Corey avait une gueule d’enterrement quand il avait montré la porte à Serge Savard.

Pierre Boivin avait affiché une certaine sobriété lorsqu’il avait remplacé Réjean Houle par André Savard, puis celui-ci par Bob Gainey.

Une fois les projecteurs éteints et les micros fermés, Molson est apparu fort détendu devant les chroniqueurs qui l’attendaient pour lui soutirer des commentaires et des impressions additionnelles.

Il n’a pas caché les sentiments qui l’animaient.

Le chef
de direction
du Canadien
n’a pas pleuré
longtemps
le départ de
Gauthier

« Je suis très excité, j’entrevois l’avenir avec beaucoup d’optimisme ! », a-t-il lancé.

L’ESPOIR FAIT VIVRE

Ce n’est pas exactement le genre de commentaire qu’on a l’habitude d’entendre une journée funèbre. Mais ainsi vont les choses dans le merveilleux monde du sport.

L’espoir renaît chaque fois que de gros changements sont apportés.

Dans ce cas-ci, on ne connaît pas encore l’identité du prochain directeur général, mais il marquera le véritable début de l’ère Molson à la tête de l’équipe.

Molson s’était tourné vers l’homme (Gauthier) qu’il avait sous la main pour succéder à Gainey et que celui-ci lui avait recommandé. Gainey a retourné l’ascenseur à son prédécesseur en décidant de partir.

Décision tout à fait logique et caractéristique de l’homme intègre qu’il est. Gauthier parti, il n’avait plus sa place.

UN HOMME DE SON TEMPS

Molson ne l’a pas dit dans ces mots, mais le prochain D.G. devra être à son image en matière de communications. Il devra faire montre d’ouverture d’esprit avec ses collègues, ses entraîneurs et ses joueurs et échanger avec les médias et les partisans.

Ce critère doit être pris en haute considération dans le monde dans lequel on vit. Les directeurs généraux ne peuvent plus s’isoler du reste de la planète comme cela s’est fait au cours des neuf dernières années sous les régimes Gainey et Gauthier. Ils doivent composer avec les obligations inhérentes à leur profession.

Molson a d’ailleurs raconté une anecdote savoureuse à cet égard.

En se levant hier matin, il a lu sur son compte Twitter les commentaires d’un partisan pas très doux à son endroit, qui lui avaient été envoyés à quatre heures dans la nuit.

Après avoir appris le départ de Gauthier, la même personne a réécrit à Molson pour lui présenter ses excuses.

C’est ça, le hockey, à Montréal !

Il faut savoir rouler avec les coups et l’émotivité des amateurs.

Ne pensez-vous pas que Brian Burke, qui a recours à toutes les technologies imaginables pour échanger avec les gens, reçoit des bêtises par les temps qui courent ?

Comme la population l’a fait avec Gauthier à Montréal, les Torontois sont en train de l’immoler sur l’autel.

REDORER LE BLASON

En confirmant que Gauthier ne faisait plus partie de son organisation, Molson a dit les choses que les partisans du Canadien veulent entendre, des choses que l’on avait entendues de la bouche de George Gillett.

Des affirmations du genre que le Canadien ne peut se contenter d’une simple participation aux séries et qu’il doit viser plus haut.

Des vérités du genre que les caractéristiques communes aux grandes équipes ont fait défaut et que l’organisation n’a pas été en mesure de maintenir la constance et la stabilité qui permettent de connaître du succès.

Le prochain directeur général sera le cinquième de ce millénaire.

André Savard, Gainey et Gauthier ont apporté six changements derrière le banc.

Réjean Houle avait choisi Michel Therrien pour succéder à Alain Vigneault avant que Pierre Boivin ne l’informe qu’il était lui aussi congédié.

Jusqu’à présent, le déménagement du Canadien au Centre Bell n’a été qu’une suite d’événements loufoques et, oh ! combien dommageables pour cette organisation au passé glorieux.

Geoff Molson s’est donné le mandat de redonner ses lettres de noblesse à l’équipe que ses partenaires d’affaires et lui ont payée chèrement.

L’ère Molson commence.

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