Les étudiants gagnent des points dans la faveur populaire, après en avoir perdu plusieurs au cours des dernières semaines. Mais malgré cette avancée, la population reste profondément divisée sur la question du boycottage étudiant.
Selon un sondage Léger Marketing réalisé pour le compte du Journal, 45 % des Québécois se disent favorables à la position des étudiants sur la hausse des frais de scolarité, un gain de six points par rapport à la semaine dernière.
Cette augmentation des appuis à l’endroit des étudiants s’expliquerait en grande partie par le pacifisme avec lequel ils ont manifesté lors de la marche nationale du 22 mars dernier, croit Aubert Descôteaux de Léger Marketing.
« On est revenu au même niveau d’appuis qu’au début de la grève étudiante. Cela s’explique surtout par les actions des derniers jours qui se sont déroulées de manière civilisée et dans le calme », explique ce dernier.
« L’autre raison qui explique cette remontée des étudiants est aussi l’attitude de fermeture du gouvernement, qui refuse toujours de négocier », avance M. Descôteaux.
Des blocages impopulaires
Ce regain d’appuis au mouvement étudiant arrive à un point critique, alors que le conflit s’étire et que la date de fin de session semble compromise.
Depuis la fin du mois de février, jamais la cote des étudiants n’a été aussi élevée, affirme M. Descôteaux.
« Beaucoup d’événements ont nui à la popularité des étudiants, comme le blocage du pont Champlain. Aussi, les images de la manifestation contre la brutalité policière ont collé à la peau des étudiants, même s’ils ne sont pas reliés à cette marche annuelle. Ça a donné une impression de chaos. On est maintenant revenu à une perception plus positive. »
La population divisée
La population demeure toutefois largement divisée sur la question de la grève étudiante. « Rien dans le débat n’a vraiment changé, d’un côté comme de l’autre, énonce Aubert Descôteaux. On demeure dans une impasse. »
« Il continue d’y avoir une différence marquée entre les moins de 35 ans et les personnes âgées de plus de 55 ans. »
Selon l’analyste de Léger Marketing, ni le gouvernement, ni les étudiants ne ressortent « gagnants » de ce sondage.
« Toutefois, les étudiants s’en sortent mieux. Ils ont récupéré le même niveau d’appui qu’ils avaient au début de la grève. De l’autre côté, le taux d’appui du gouvernement est passé sous la barre psychologique du 50 %. Il n’a plus la majorité de la population derrière lui. »