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Le moment est venu d’oser

Le moment est venu d’oser
photo d’archives
Julien BriseBois est de la lignée des Stan Bowman, Jay Feaster, Peter Chiarelli et Ray Shero, tous des vainqueurs de la Coupe Stanley.
Le moment est venu d’oser
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Julien BriseBois est de la lignée des Stan Bowman, Jay Feaster, Peter Chiarelli et Ray Shero, tous des vainqueurs de la Coupe Stanley.

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À la lumière des sondages, plusieurs amateurs vont être déçus si Patrick Roy ne fait pas partie du personnel des hommes de hockey du Canadien la saison prochaine. Mais réglons un point tout de suite. S’il revient dans le giron du Tricolore, ce ne sera pas dans les doubles fonctions de directeur général et d’entraîneur en chef.

Ces deux postes exigent tellement de nos jours dans la Ligue nationale qu’un seul homme ne peut suffire à la tâche.

Faites le tour de la ligue et vous constaterez que personne ne remplit ces deux fonctions.

Revenons à Patrick Roy. C’est un homme d’action, un homme de terrain. Il est fait pour être entraîneur en chef.

Succédera-t-il à Randy Cunneyworth ?

En principe, la décision reviendra au successeur de Pierre Gauthier.

Les paris sont ouverts quant au choix du prochain directeur général.

Personnellement, mon choix est fait depuis longtemps. Cet homme s’appelle Julien BriseBois.

Julien BriseBois n’a que 35 ans, mais il montre une feuille de route déjà bien remplie

JEUNE, MAIS EXPÉRIMENTÉ

Pour les amateurs, BriseBois est pratiquement un inconnu. Son nom ne possède pas le lustre d’un ancien grand joueur du Canadien ou d’un Steve Yzerman, dont il est l’adjoint depuis deux ans. Mais il correspond au profil du directeur général moderne.

Le monde du sport professionnel a considérablement changé depuis 20 ans. Les connaissances des directeurs généraux vont au-delà de leur discipline sportive.

Au hockey, les D.G. doivent former des équipes à l’intérieur de paramètres financiers, ce qui demande de la vision et du flair. Ils doivent connaître la convention collective sur le bout des doigts.

BriseBois n’a que 35 ans, mais il montre une feuille de route déjà bien remplie. Dans la jeune vingtaine, à titre d’avocat chez Heinen Blaikie - l’un des plus importants cabinets du Canada -, il représentait des équipes de la LNH et du baseball majeur en arbitrage.

À 23 ans, il se joignait au Canadien à titre de directeur des affaires juridiques, rôle qui comprenait les négociations de contrat. Deux ans plus tard, il ajoutait le poste de directeur des opérations hockey à ses responsabilités.

En 2007, il devenait le directeur général des Bulldogs de Hamilton. Il a accordé des contrats à bon nombre de joueurs québécois laissés-pour-compte au repêchage, dont David Desharnais.

LA SÉRIE MONDIALE À 30 ANS

Depuis le temps qu’il patauge dans la médiocrité, le Canadien doit élargir ses horizons en matière de gestion.

Maintenir la tradition, c’est bien beau, mais ça ne fait pas nécessairement gagner.

Le moment est venu d’oser. Comme les Red Sox de Boston l’ont fait en 2002 quand ils ont fait de Theo Epstein le plus jeune directeur général de l’histoire du baseball majeur. Epstein n’avait que 28 ans.

Deux ans plus tard, les Red Sox remportaient leur première Série mondiale en 86 ans, exploit qu’ils ont répété en 2007.

Maintenant à l’emploi des Cubs de Chicago, il va tenter de conduire les aimables perdants (surnom de l’équipe dans la Ville des vents) à une première conquête de la Série mondiale en plus de 100 ans.

AUTRES EXEMPLES

Stan Bowman avait 36 ans lorsqu’il a succédé à Dale Tallon comme directeur général des Blackhawks. Jay Feaster, aujourd’hui avec les Flames de Calgary, avait 39 ans quand il a obtenu ce poste avec le Lightning de Tampa Bay.

Les Bruins de Boston ont embauché Peter Chiarelli alors qu’il avait 41 ans. Ray Shero s’est joint aux Penguins de Pittsburgh à 44 ans.

Peu connus à leurs débuts, ces hommes, qui ont tous conduit leur équipe à la coupe Stanley, détiennent des diplômes en droit, en économie ou en gestion sportive.

Et, si ça peut en rassurer certains, ils sont tous entourés de têtes de hockey qui ont joué dans la LNH.

Comme Geoff Molson l’a mentionné lui-même jeudi, de nos jours, les directeurs généraux ne se tapent plus tout le boulot. Ils travaillent en comité.

Chuck Fletcher (Minnesota), Doug Armstrong (Saint Louis), Greg Sherman (Colorado), Dean Lombardi (Los Angeles) et Scott Howson (Columbus) proviennent de la même école que les autres noms mentionnés avant eux.

DES BONS ET DES MOINS BONS

Jusqu’à présent, ces derniers ne connaissent pas les mêmes succès que les autres, mais on observe le même phénomène chez les anciens joueurs devenus administrateurs.

Wayne Gretzky et Bob Gainey ont été meilleurs sur la glace que derrière un banc. Le fait d’avoir été un joueur étoile ne donne pas la science infuse.

Les bâtisseurs des grandes dynasties du Canadien dans les années 1950, 1960 et 1970, Frank Selke et Sam Pollock, n’ont jamais joué dans la LNH, ni Scotty Bowman, l’entraîneur comptant le plus de conquêtes de la Coupe Stanley avec neuf.

Comme quoi il se trouvait des propriétaires visionnaires à l’époque.

Geoff Molson l’est-il ?

Je pense que oui.

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