OTTAWA – Henk Tepper, cet agriculteur du Nouveau-Brunswick qui était détenu dans une prison libanaise depuis mars dernier, est arrivé samedi après-midi à l’aéroport d’Ottawa.
Soupçonné d'avoir exporté des patates moisies en Algérie en 2007, ce producteur de pommes terre avait été arrêté en mars 2011 à son arrivée au Liban alors qu’il participait à une mission commerciale. Un avis de recherche international avait émis à son sujet par Interpol. Le gouvernement algérien allègue qu’il a fabriqué de faux documents afin d’effectuer cette exportation.
Lors d’une courte rencontre avec les médias après son arrivée à Ottawa, M. Tepper est demeuré très discret et en retrait, et n’a pris la parole que très brièvement, vers la fin. «Je suis très content d’être de retour chez moi, ça fait du bien», a-t-il dit avec le sourire.
Il était entouré de sa famille, de ses avocats et de la sénatrice du Nouveau-Brunswick, Pierrette Ringuette, qui s’est impliquée dans ce dossier depuis mai dernier. Elle a reçu vendredi soir la confirmation de la libération de M. Tepper.
«[Samedi], cet après-midi, ce soir et probablement [dimanche] lorsque nous reviendrons au Nouveau-Brunswick, il y aura beaucoup de larmes de joie», a dit la sénatrice.
La sœur de M. Tepper, Harmien Dionne, a pris la parole au nom de la famille.
«Il y a tant de gens qui nous ont approchés pour nous faire part de leurs inquiétudes, a-t-elle dit. Les Canadiens nous ont supportés. Henk est de retour au pays, et 373 jours plus tard, ce sont d’heureuses retrouvailles.»
L’avocat libanais de l’agriculteur a fait part de l’amitié qui s’est créée au cours des visites hebdomadaires qu’il effectuait auprès de son client en prison. «Je croyais en cette cause, et je suis fier de la décision du gouvernement libanais qui a permis que Henk retrouve sa merveilleuse famille», a dit Joe Karan.
Son avocat canadien, Jim Mockler, a lui aussi salué la décision des autorités libanaises de libérer M. Tepper.
En décembre dernier, les sénateurs Mac Harb et Pierrette Ringuette avaient exhorté le gouvernement fédéral à faire pression auprès des autorités locales pour accélérer la libération de l’agriculteur.
La santé de M. Tepper est en péril, avaient-ils martelé, soulignant que le quadragénaire avait perdu plus de 18 kilos (40 livres) depuis le début de son incarcération.