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Fonctionnaires

Sites pornos au bureau

Une dizaine d'employés ont été suspendus en 2009

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QUÉBEC  |  Une dizaine de fonctionnaires du ministère des Transports ont été suspendus sans solde pour avoir consulté fréquemment des sites pornographiques sur leur poste de travail, à la suite d’une enquête passée sous silence en 2009.

Des documents obtenus par le Journal en vertu de la loi d’accès à l’information démontrent que, malgré les mesures de contrôle serrées appliquées par les ministères, des fonctionnaires ont quand même fait un usage abusif ou non approprié d’Internet au cours des trois dernières années.

Le cas le plus spectaculaire est survenu au MTQ, où une enquête interne a révélé que 16 fonctionnaires avaient contrevenu aux règles en regardant principalement des sites « non éthiques » pendant leurs heures de travail.

« Dans la majorité des cas, c’était des sites érotiques et pornographiques. Il y a eu aussi quelques cas de sites transactionnels », a expliqué le porte-parole, Guillaume Paradis.

Pourtant, le MTQ, comme les autres ministères, croyait avoir fait le nécessaire pour empêcher ses employés de naviguer sur des sites de type XXX.

« L’accès à certaines catégories de sites est bloqué, notamment les sites où il est question d’armes, de violence, de jeu et tous les sites qui affichent du contenu s’adressant à une clientèle adulte. Mais même s’il y a des filtres, il y a des gens qui ont trouvé des failles et les ont exploitées », a précisé M. Paradis.

Sanctions

Certains fonctionnaires libidineux du MTQ ont payé cher leur mauvaise habitude.

Si cinq d’entre eux ont seulement fait l’objet d’avertissements, neuf ont été suspendus sans solde de deux à cinq jours, alors que deux ont été privés de salaire pendant sept jours.

« Cela prouve que nous avons pris la chose très au sérieux. Nous n’avons pas hésité à sévir et nous n’hésiterons pas à le faire à l’avenir lorsque nous constaterons des comportements inadéquats chez les employés », a souligné le porte-parole.

Le message ainsi envoyé par le MTQ semble avoir porté fruit puisqu’un seul employé a été réprimandé pour avoir consulté des sites « non éthiques » en 2010, et aucun en 2011, sur un imposant total de 6 500 fonctionnaires ayant accès à un poste informatique.

Pas de réseaux sociaux

Puis, bien que certains fonctionnaires arrivent à contourner cette règle (voir autre texte), les employés des ministères se voient interdire l’accès aux réseaux sociaux comme Facebook.

Au ministère des Transports, seuls 31 employés bénéficient d’une permission spéciale pour pouvoir consulter les réseaux sociaux dans le cadre de leur travail.

« Ce sont des accès très, très limités et il faut une approbation du gestionnaire avant que la direction de la technologie de l’information puisse débloquer les accès », a insisté Guillaume Paradis.

44 jours  à clavarder

Au ministère de l’Éducation, un employé a seulement reçu un avertissement malgré le fait qu’il ait passé 270 heures à naviguer sur Internet pendant une période de 59 jours, l’an dernier.

La direction informatique du ministère estime que le fonctionnaire a ainsi perdu l’équivalent de 44 jours de travail à clavarder sur des sites de conversation en ligne, de réseautage social et de messageries instantanées.

Plus sévère, le ministère de la Santé et des Services sociaux (MSSS) a forcé un employé ayant consulté pendant près de quatre heures des sites qui « n’étaient pas en lien avec le travail » à rembourser 112 $ de salaire.

Il s’agissait du seul cas d’utilisation abusive d’Internet à avoir fait l’objet d’une réprimande au cours des trois dernières années au MSSS.

Connotation religieuse

En 2010-2011, le ministère des Ressources naturelles et de la Faune (MRNF) a pour sa part été confronté à des cas plus particuliers.

La direction a notamment réprimandé formellement une fonctionnaire ayant utilisé à plusieurs reprises le courriel de l’employeur pour des activités personnelles et à connotation religieuse.

« Vos échanges par courriel ont offusqué un citoyen qui s’est plaint de vos agissements. Un tel comportement est inacceptable et entache la réputation du ministère », a écrit le supérieur dans une lettre dont nous avons obtenu copie.

Courriel à un journaliste

Le MRNF a aussi réprimandé un fonctionnaire pour avoir transmis, de son poste de travail et en sa qualité d’employé du ministère, un courriel à un journaliste.

« Vous avez contrevenu à la discipline et à la Loi sur la fonction publique », a signalé le gestionnaire dans une lettre remise en septembre 2010.

Le ministère a également averti un employé n’ayant pas respecté les règles entourant l’utilisation du courriel et des services Internet.

« Je m’attends à ce que vous utilisiez l’ordinateur du bureau uniquement pour des fins professionnelles, et ce, afin de fournir une prestation de travail optimale », lui a écrit son supérieur.

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