(Lettre au chroniqueur Éric Duhaime)
Cher Monsieur Duhaime, J’aimerais apporter un éclairage moins sensationnaliste à votre chronique publiée lundi dans Le Journal de Montréal et Le Journal de Québec, et coiffée du titre-choc : « Financer le terrorisme en achetant halal ? ».
Permettez-moi d’abord de regretter le fait que vous n’ayez même pas pris la peine de me téléphoner avant de reprendre des informations glanées ici et là et qui ne sont pas nécessairement des vérités. Porter le titre de chroniqueur vous dispense-t-il de rigueur ?
Je passerai rapidement sur les amalgames que vous faites avec une facilité déconcertante entre la certification halale d’un établissement d’Olymel et le financement de l’islamisme radical et le terrorisme. Si chez Olymel, nous avions le moindre soupçon et la plus infime preuve que les sommes marginales que l’établissement de Saint-Damase verse pour une certification halale se trouvaient à financer des activités terroristes, nous n’hésiterions pas une seconde à le dénoncer et à renoncer à cette certification. Vos sources sont peu crédibles. En ce qui a trait aux propos que vous m’attribuez, voici ce que j’ai dit à ceux de vos collègues qui ont pris la peine de m’appeler avant de me citer.
Olymel ne pratique pas l’abattage halal sur une grande échelle, mais seulement à son établissement de Saint-Damase pour des clients qui en font la demande. Des millions de kilos de poulet qui se retrouvent sur le marché québécois proviennent, entre autres, de notre établissement de Berthierville, qui ne dispose pas d’une certification halale. Au même titre que ses concurrents, Olymel s’est dotée de cette certification à Saint-Damase, uniquement pour répondre à une demande en croissance des marchés domestique et international. Ne pas abandonner ce marché à nos concurrents procure des emplois locaux et les revenus qui les soutiennent.
Abattage normal
Au surplus, cette certification n’a rien changé à nos méthodes d’abattage qui consistent à respecter scrupuleusement les règles de l’Agence canadienne d’inspection des aliments (ACIA) en insensibilisant tous les oiseaux pour les saigner mécaniquement par la suite. Au-delà des règles de l’Agence, c’est une politique de l’entreprise de répondre aux plus hauts standards de bien-être animal. Il en va de même pour les règles sanitaires placées également sous la supervision de l’Agence et de ses inspecteurs vétérinaires et dont l’objectif incontestable est de détecter toute anomalie dans le but de protéger la santé des consommateurs. Les impacts que vous évoquez sur la santé et la souffrance animale ne sont tout simplement pas fondés.
L’organisme qui nous procure la certification halale n’a pour seul critère que la récitation d’une prière avant le début du cycle de la production. Ne vous en déplaise, les oiseaux sont tous insensibilisés, ils n’ont pas la tête tournée vers La Mecque et nous n’engageons personne sur la foi de sa religion, l’établissement étant régi par une convention collective sans autres considérations que les bonnes relations de travail.
En terminant, je suis à votre disposition, à l’avenir et en tout temps, pour répondre à toutes vos interrogations.
Richard Vigneault,
Porte-parole d’Olymel s.e.c.