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Un bilan, pour quoi faire ?

Roy est perçu comme le grand sauveur, mais encore faudrait-il lui accorder du temps.

Marc de Foy

Marc de Foy @

Journal de Montréal, Publié le: | Mise à jour:

Prévue pour lundi, la rencontre de fin d’année avec les joueurs du Canadien ne suscitera pas l’intérêt habituel. Pour tout dire, l’exercice paraît superflu en cette saison désastreuse.

Que pourrait-on y entendre de nouveau et qui sortirait des sentiers battus ? Tout a été dit depuis le congédiement de Jacques Martin, qui remonte déjà à près de quatre mois.

Tout le monde s’est prononcé, vous, moi, le Tout-Montréal, le Québec entier et même le reste du Canada. Le vrai bilan, Geoff Molson l’a fait la semaine dernière lorsqu’il a montré la sortie à Pierre Gauthier. La décision a été accueillie avec joie et à l’unanimité, ce qui ne s’était pas vu depuis des lustres avec le Tricolore.

Molson s’est rallié l’opinion populaire en retenant les services de Serge Savard pour l’aider dans ses recherches pour le choix du nouveau directeur général.

Un geste habile. Depuis, il regarde résolument vers l’avenir.

Roy est perçu comme le grand sauveur, mais encore faudrait-il lui accorder du temps

Gardons les pieds sur terre

Plusieurs amateurs ont repris espoir, mais il faut garder les pieds sur terre et rester réaliste.

Le retour à la respectabilité et au prestige que souhaite ramener Molson ne se fera pas en un tournemain. On ne rebâtit pas du jour au lendemain une institution qui a été démolie brique par brique. Ça demande un certain temps.

Les gens qui n’ont jamais vu les Red Wings de Detroit patauger dans les bas-fonds du classement seront étonnés d’apprendre qu’ils ont déjà été la risée de la Ligue nationale.

Durant une vingtaine d’années, précisément entre les saisons 1966-1967 et 1985-1986, ils n’ont pris part aux séries que quatre fois.

Les choses ont commencé à s’améliorer avec l’arrivée de Jacques Demers derrière le banc. Il leur a fallu patienter tout de même 11 ans avant de remporter la coupe Stanley, une première en 42 ans.

Le Canadien connaît la plus longue disette sans coupe de sa longue histoire. Le compte atteint 19 années. C’est déjà six ans de plus que sa longue séquence précédente survenue entre 1931 et 1944.

En disant qu’il veut refaire du Canadien une équipe pouvant rivaliser annuellement pour les grands honneurs, et non seulement une équipe visant une place dans les séries, Molson a tenu le langage que les amateurs veulent entendre.

Défi gigantesque

Son discours allume sûrement Patrick Roy, qui n’admettait pas que le Canadien soit devenu une organisation aux objectifs modestes avant son départ pour le Colorado. Beaucoup de gens le perçoivent comme le grand sauveur qui pourrait ramener le Tricolore à la terre promise. Mais encore faudrait-il lui accorder du temps.

Ça vaudra pour lui autant que pour n’importe quel homme qui succédera à Gauthier et à Randy Cunneyworth. Le défi qui attend les prochaines têtes de hockey du Canadien est gigantesque. L’organisation devra réapprendre à marcher avant de recommencer à courir.

Ses plus beaux espoirs, les Gallagher, Bournival, Tinordi et Beaulieu, terminent leur stage junior. Les Subban, Emelin, Saint-Denis, Eller et Leblanc en sont encore au stade de l’apprentissage.

Du côté des valeurs sûres, il y a Carey Price, Josh Gorges, Erik Cole, David Desharnais, Max Pacioretty, Tomas Plekanec et Brian Gionta.

Deux acquisitions coûteuses

En ce qui concerne Andrei Markov, on sera en mesure de porter un vrai jugement la saison prochaine. Par contre, il ne peut faire pire que Tomas Kaberle, dont le Canadien devra supporter le contrat pour les deux prochaines saisons.

Et que dire de Rene Bourque, qui possède une entente encore valide pour quatre ans ?

Si le départ de Mike Cammalleri n’a pas fait pleurer beaucoup de personnes, particulièrement dans le vestiaire, l’acquisition de Bourque a de quoi faire verser des larmes. Sa tenue est tout simplement pathétique.

Si Ryan White était doté de son physique, il ferait des ravages ! Enfin a-t-on vraiment besoin de revenir sur le cas de Scott Gomez ? Après avoir lu tout ça, vous devez me penser pessimiste. Peut-être.

Le plus drôle, c’est que j’avais bon espoir avant que Gauthier nous apprenne au tournoi de golf de l’équipe, en septembre dernier, que Markov raterait au plus quelques matchs.

Je ne voyais pas la coupe à Montréal, mais j’estimais que le Canadien était capable d’aller chercher autant de points que la saison dernière (96).

Et vous savez quoi ?

Avec le vent de renouveau qui se mettra à souffler sur l’organisation dans les prochaines semaines et quelques bonnes embauches sur le marché des joueurs autonomes, le Canadien pourrait fort bien être des séries dans un an.

L’espoir est ce qui fait la beauté du sport. Chose certaine, le Tricolore ne pourra descendre plus bas.

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