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Cinq ans de bouleversements

Marc de Foy

Marc de Foy @

Journal de Montréal, Publié le: | Mise à jour:

Cinq ans de bouleversements

photo d’archives

Carey Price pense que l’esprit de corps a fait grandement défaut au cours de la dernière campagne.

En l’espace de cinq ans, Carey Price aura connu le meilleur et le pire des mondes avec le Canadien.

Quand on lui demande s’il entrevoyait l’avenir en rose après avoir aidé son organisation à remporter un premier championnat d’association en 19 ans à sa première saison à Montréal, il répond comme un joueur qui en a vu d’autres.

« Ce qui est drôle dans le hockey, c’est qu’après une grande saison, tu peux en connaître une mauvaise », dit-il.

« Et le contraire peut aussi bien se produire, ajoute-t-il. C’est comme un couteau à deux tranchants. »

La seule chose dont on peut être sûr après avoir vu le Tricolore terminer dernier pour une première fois depuis 1940, c’est qu’il ne pourra finir plus bas l’an prochain.

Cela dit, je ne sais pas si je vois les choses d’un œil différent, mais j’ai déjà assisté à des journées du sac vert beaucoup plus tristes que celle d’hier dans le vestiaire du Canadien.

C’était probablement attribuable au fait que la saison n’avait plus de signification depuis longtemps.

Qu’est-ce que les joueurs pouvaient ajouter à ce qu’ils ont dit au cours des dernières semaines ?

Sans dire que c’était la joie, l’ambiance était détendue.

Évidemment, la nomination prochaine d’un nouveau directeur général sème l’espoir. Mais cela va entraîner aussi son lot de changements.

Comme s’il n’y en avait pas déjà eu suffisamment.

QUATRE SURVIVANTS DE 2008

Savez-vous avec combien de joueurs Price a joué depuis ses débuts à Montréal ?

La réponse est 85 !

Andrei Markov, Tomas Plekanec, Josh Gorges et lui sont les seuls survivants de l’édition ayant terminé en tête de l’Association de l’Est en 2007-2008.

La saison suivante, Bob Gainey – mais était-ce vraiment sa décision ? –, congédiait Guy Carbonneau un mois avant la fin de la saison régulière.

La débandade s’était poursuivie dans les séries avec une élimination expéditive aux mains des Bruins.

Conspué comme du poisson pourri dans le dernier match au Centre Bell, Price était rentré chez lui dans la disgrâce totale.

Gainey a formé un nouveau noyau et amené Jacques Martin derrière le banc.

Après s’être qualifié de justesse pour les séries, le Canadien a surpris tout le monde en se rendant jusqu’en finale de l’Est grâce au brio de Jaroslav Halak.

Dans l’esprit de plusieurs, Price n’avait plus sa place avec le Canadien, mais Pierre Gauthier lui a réitéré la même confiance que son prédécesseur Bob Gainey en échangeant Halak.

À CHACUN DE FAIRE SON EXAMEN

Ironie du sort, les deux équipes qui ont failli éliminer les Bruins dans les séries l’an dernier, le Canadien et le Lightning, ne sont pas de la grande danse cette année.

Comme ses coéquipiers qui seront de retour l’automne prochain, Price pense que l’équipe pourrait renverser la vapeur rapidement.

« On compte plusieurs très bons joueurs dans nos rangs », estime-t-il.

« Il n’y aura peut-être pas autant de changements que l’on pense l’an prochain. »

« Ce que je peux dire, par contre, c’est que chacun d’entre nous devra procéder à une bonne évaluation de lui-même durant l’été. »

MANQUE D'ESPRIT DE CORPS

Le gardien de 24 ans pense que l’esprit de corps a fait grandement défaut au cours de la dernière campagne.

« Il y avait trop de discordances sur la glace, ça se voyait certains soirs », mentionne-t-il.

« Au lieu d’être tous sur la même longueur d’onde, on jouait comme si on préconisait quatre systèmes différents. »

« Ça a été comme ça toute l’année. »

PAS LA FAUTE DU COACH

Ça n’avait donc rien à voir avec Jacques Martin ou Randy Cunneyworth.

« Randy a été placé dans une situation difficile », déclare Price au sujet du changement controversé qui a été apporté derrière le banc.

« Il a été extraordinaire dans les circonstances. C’est un entraîneur pour lequel il est agréable de jouer. »

Indépendamment de la question linguistique, on se demande encore si Jacques Martin méritait d’être congédié.

Le Canadien n’était qu’à deux points du huitième rang lorsque Gauthier l’a mis à la porte.

Sans dire comme tel qu’il s’agissait d’un geste de panique, l’explication de Price correspond à ce qu’on observe depuis la fin du régime de Serge Savard au poste de directeur général.

Cette organisation n’avait plus de points de repère. Elle se cherchait, tout n’était qu’improvisation.

« J’avais déjà vu un coach partir (Carbonneau) avant que Jacques ne soit remercié », raconte Price.

« Son congédiement a été un choc, mais dans une organisation comme celle-ci, il faut s’attendre à des changements quand les choses ne vont pas. »

« Tout le monde était sur le qui-vive dans le vestiaire. Ça aurait pu être un échange, mais c’est Jacques qui a écopé. On avait eu un signe avant-coureur quand Perry Pearn est parti en premier. »

Le congédiement de Pearn n’annonçait effectivement rien de bon pour Martin.

Cette atmosphère de bouleversements et d’instabilité ne pouvait plus durer.

Le jour où il a limogé Gauthier, Geoff Molson s’est donné le mandat de redonner ses lettres de noblesse au Canadien.

Comme il l’a mentionné, cette relance ne sera possible que par une meilleure stabilité à tous les nouveaux de l’organisation.

Price a joué sous les ordres de quatre entraîneurs à ses cinq premières saisons et connu deux directeurs généraux.

C’est sans compter les 85 joueurs avec lesquels il a évolué.

Impossible de créer une ambiance gagnante dans ces conditions.

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