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Cirque du Soleil | «Amaluna»

Hommage à la féminité

Amaluna Hommage à la féminité

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Quand Guy Laliberté a lancé le thème du prochain spectacle du Cirque du Soleil à ses collaborateurs, un hommage aux femmes, il a aussi dit : « Si les femmes étaient au pouvoir, la planète serait en meilleur état ». Son affirmation s’est infiltrée dans Amaluna. Il en résulte un spectacle rempli de déesses, de magiciennes, d’amazones, de mères et filles, mais aussi une communauté de femmes qui s’épaulent et s’entraident au sein même de la troupe du cirque. Tout le contraire de certains préjugés.

Fernand Rainville est le grand manitou qui a chapeauté la création d’Amaluna, entouré d’une troupe composée à 75 % de femmes. Le directeur de création a trouvé le concept d’un hommage aux femmes, riche et inspirant.

« Le Cirque du Soleil a continuellement des opportunités d’affaires, dit-il, et il est “condamné” à créer. Le défi est de savoir comment se renouveler. »

Pour y parvenir, les créateurs du cirque partent toujours de la même question : « Qu’est-ce que le wow ? » confie Fernand Rainville .

« On créé du “wow !” explique-t-il, et le wow, c’est l’émotion. Le spectateur peut ressentir une émotion quand il voit un exploit acrobatique. Il la ressent aussi dans l’éblouissement des costumes, dans un éclairage au bon moment. »

Dans Amaluna, ce « wow » réside aussi en une histoire qui nous transporte sur une île mystérieuse gouvernée par des déesses, une contrée lointaine régie par les cycles de la lune. Pour marquer le passage à l’âge adulte de sa fille, la reine Prospéra tient une cérémonie rituelle en hommage à la féminité. À la suite d’une tempête qu’elle a provoquée, un groupe de jeunes hommes débarquent sur l’île et le cœur de la jeune fille va bientôt chavirer pour un valeureux prétendant, mais ce sera un amour semé d’embûches.

EN DIRECT DE BROADWAY

Là réside d’ailleurs tout le défi d’Amaluna. Au cirque, on ne raconte pas une histoire avec des mots. Il faut faire passer le thème autrement.

« Pas besoin de trame narrative, indique Fernand Rainville, ça ne fait pas partie de la génétique « cirquassienne ». Les gens viennent au cirque, pas au théâtre. Ce qu’il faut, c’est de la performance et du danger. Amaluna demeure un spectacle acrobatique. On y exploite des thématiques chères aux femmes, mais ce n’est pas un pamphlet, ni un manifeste. Les relations mère/fille sont très présentes, la notion de déesse, de la super femme et l’amour. »

Fernand Drainville a confié le mandat à Diane Paulus, la célèbre metteure en scène de Broadway de faire le lien entre thème et spectacle. Cette dernière, habituée de créer dans le « non-dit » a trouvé l’inspiration partout, dans la mythologie grecque, dans La Tempête de Shakespeare, dans La flûte enchantée de Mozart. Entre les prouesses acrobatiques, elle a voulu créer un puissant monde théâtral où de grands personnages de femmes évoluent et où l’histoire rebondit.

« Les spectateurs s’engageront dans ce nouveau spectacle du Cirque du Soleil, non seulement pour ses incroyables acrobaties, mais pour le coeur, les émotions et l’histoire cachée qui motive l’action », confie-t-elle.

ÉNERGISANT

En coulisse, lors d’une répétition en prévision du grand soir de première, le 19 avril à Montréal, la communauté de femmes artistes donne une idée de cette société imaginée par Guy Laliberté. Règne une sorte de solide confrérie au féminin.

« Les femmes ne sont pas plus jalouses que les hommes, admet Fernand Rainville pour chasser les préjugés, j’ai appris qu’elles sont beaucoup plus disciplinées. Ça paraît dans notre travail, dans leur énergie, leur positivisme, leur notion de charge assumée, la notion de communauté, comme celle du cirque en tournée. Une gang de filles ensemble, c’est quelque chose d’extrêmement énergisant. »

Guy Laliberté aurait donc raison quand il dit que : « si les femmes étaient au pouvoir, la planète serait en meilleur état ».

« C’est une question qui se pose, admet Diane Paulus. Les valeurs portées par une communauté de femmes peuvent nous faire réfléchir sur notre façon de vivre sur cette planète. »

« La société s’est beaucoup politisée par les hommes, déclare à son tour Fernand Rainville. L’humanité a pris un tournant et laissé le côté naturel des choses, propre aux femmes. Amaluna, avec ses moments de folies et de délire, illustre ce que serait une société de femmes. »

Cette troupe majoritairement féminine provient des quatre coins du monde. Pour Diane Paulus c’était un plus.

« Aller chercher les “top females” acrobates et musiciennes à travers le monde, les réunir ensemble. Cet aspect du spectacle à lui seul valait le coup.

« Mais nous devions aussi avoir des hommes, le yin et le yang, d’ajouter Diane Paulus. Ne pas oublier l’énergie masculine. »

 

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