OTTAWA – L’ancien magnat de la presse Conrad Black a obtenu un permis de séjour temporaire d'un an, a appris l’Agence QMI.
M. Black termine un séjour de 42 mois au complexe correctionnel fédéral de Coleman en Floride, après avoir été condamné en 2007 sous une accusation d'entrave à la justice et de trois accusations de fraude.
Il a renoncé à la citoyenneté canadienne, en 2001, afin de conserver son titre de «baron Black de Crossharbour», mais il pourra revenir faire sa vie au Canada grâce à ce statut spécial. Il devrait être libéré dès cette semaine.
Le chef du Nouveau Parti démocratique (NPD), Thomas Mulcair, a traité mardi les conservateurs de racistes. Selon lui, ils ont accepté la demande de Conrad Black, mais ont refusé celle de Gary Freeman. Ce dernier avait tiré sur un policier américain en 1969 avant de s’enfuir au Canada. Il a vécu à Toronto pendant trois décennies avant d'être retrouvé par la police.
«C'est un cas évident de deux poids, deux mesures - un refus pour un Noir américain de Chicago et une autorisation pour un Blanc britannique», a déclaré M. Mulcair.
La réponse des conservateurs n’a pas tardé: «Honte à vous!»
De son côté, le ministre fédéral de l’Immigration, Jason Kenney, a expliqué qu’il n’avait rien à voir avec la décision.
«Je sais que [Thomas Mulcair] et son parti souhaitent politiser ces questions, a déclaré le ministre Kenney. Ils militent pour qu’un ancien vice-président des États-Unis ne soit pas autorisé à rentrer au Canada, mais ils veulent que nous accueillions des tueurs de policiers.»
Le chef libéral intérimaire, Bob Rae, a fait savoir qu’il ne s’opposait pas à un retour au pays de l’ancien magnat, mais a précisé que la décision va créer un précédent et que d’autres personnes avec des casiers judiciaires vont tenter d’obtenir des permis spéciaux.
Conrad Black a déjà dirigé un empire médiatique comprenant certains journaux comme le Daily Telegraph, à Londres, le Chicago Sun-Times et le National Post de Toronto.
En 2007, il a été condamné à six ans et demi de prison. Une cour d’appel américaine avait annulé deux condamnations pour fraude qui lui avaient été imposées. Elle avait toutefois maintenu deux autres condamnations pour entrave à la justice et pour fraude. Il pourrait revenir au Canada après sa libération cette semaine.
M. Black et trois de ses ex-collègues ont été accusés d’avoir échafaudé un montage financier frauduleux lors de la vente d’actifs de Hollinger au groupe de presse Canwest, en 2000.