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Fatigue au volant

23% des accidents mortels

Ève Lévesque / Agence QMI

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Accident

Stéphane Grégoire

MONTRÉAL - Troisième cause d’accident de la route au Québec après la vitesse et l’alcool, la fatigue au volant agit comme facteur déterminant dans plus d’une collision sur cinq.

 

«Les gens se soucient toujours de savoir si le conducteur qui a eu un accident avait les facultés affaiblies à cause de l’alcool, selon Suzanne Sanschagrin, conseillère régionale en sécurité routière à la Société de l’assurance automobile du Québec (SAAQ). Malheureusement, on se soucie rarement de savoir s’il avait les facultés affaiblies à cause de la fatigue.»

Les conséquences de la fatigue sont très semblables à celles de l’alcool au volant, selon la conseillère. «Il y a une diminution de la vigilance, le temps de réaction est plus lent, on cesse d’avoir une vision latérale et on peut même avoir des hallucinations, ajoute-t-elle. On tombe dans un état d’hypovigilance.»

«Être éveillé pendant 19 h consécutives ralentit le temps de réaction jusqu’à 50%. C’est plus que si votre taux d’alcoolémie était de 0,05, explique-t-elle. Et la possibilité d’avoir un accident est 10 fois plus élevée lorsqu’un conducteur est éveillé depuis 17h.»

En fait, 23% des collisions mortelles sont attribuables à la fatigue. Au surplus, 20% des accidents de la route causés par la fatigue ont causé des blessures corporelles.

«Or, les statistiques de la fatigue au volant sont sous-estimées, parce que c’est une cause très difficile à déterminer», a indiqué Mme Sanschagrin.

Généralement, les premiers signes de fatigue – bâillements, clignement des yeux et vitesse inconstante –, sont ignorés par le conducteur. «Mais l’endormissement survient souvent une fraction de seconde plus tard, dit l’experte de la SAAQ. On n’a pas le temps de se rendre compte qu’on est dans cet état-là.»

«Les études prouvent que prendre une pause de conduite d’une durée d’aussi peu que 15 minutes peut permettre de conduire par la suite entre 90 et 120 minutes, a souligné Mme Sanschagrin. Aucun autre moyen n’a d’impact. Au moindre signe, n’attendez pas.»

Infraction au Code de la sécurité routière

Du côté du Service de police de la Ville de Montréal, la fatigue est un élément qui est pris en compte dans les dossiers concernant les facultés affaiblies. « L’article 327 du Code de la sécurité routière dit que «Toute vitesse ou toute action susceptible de mettre en péril la vie ou la sécurité des personnes ou la propriété est prohibée », indique Julie Boisvert, conseillère à la division de la sécurité routière et de la circulation au SPVM. Ça ne parle pas nécessairement de fatigue, mais si quelqu’un s’endort au volant et met en péril sa vie ou celle de quelqu’un d’autre, on pourrait l’accuser de contrevenir à l’article 327. C’est passible d’une amende qui peut aller jusqu’à 1000 $», ajoute-t-elle.

«Et si une personne qui n’avait pas dormi pendant trois jours, par exemple, happe un piéton, ça pourrait aller jusqu’à des accusations de conduite dangereuse ayant causé des lésions ou même de négligence criminelle», explique pour sa part le commandant Rousseau du SPVM.

 

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