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Retraités à la rescousse

Faute de relève, des pharmaciens à l’âge de la retraite sont priés de rester

Retraités à la rescousse
Photo le Journal de montréal, héloïse archambault
Éligible pour la retraite, le pharmacien Ghias Malik continue à travailler pour pallier le manque de relève. Derrière lui, la chef du département, Marie Iskandar.

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Aux prises avec une grave pénurie de pharmaciens, l’hôpital St.Mary n’a d’autre choix que de « supplier » ses employés en âge de la retraite de continuer à travailler.

« Je les ai carrément suppliés, avoue sans gêne Marie Iskandar, la chef du département de pharmacologie de l’hôpital. Je le fais en désespoir de cause. Ce n’est pas une solution à long terme, mais je n’ai pas d’autre choix. »

Voilà maintenant deux ans que les pharmaciens Ghias Malik et Son Tra Le, tous deux âgés de 68 ans, sont éligibles pour prendre leur retraite. Or, faute de relève, ils acceptent de donner un coup de main pour encore quelques années.

« Tant que j’aurai la santé, je veux continuer parce que j’aime mon métier. Je partirai quand j’aurai la permission », confie Son Tra Le, en jetant un regard moqueur à sa supérieure.

« Je me doutais qu’elle me demanderait de rester. Je fais ce travail depuis plus de 40 ans, et je l’aime encore », ajoute son collègue Ghias Malik.

Avenir pessimiste

Présentement, l’hôpital compte 13 pharmaciens, et 5 postes sont vacants. En plus des retraités, Marie Iskandar n’a d’autre choix que d’embaucher des pharmaciens qui n’ont pas de maîtrise universitaire, tel que requis.

« Ça prend un an pour les former, ils ne sont pas autonomes en partant, dit-elle. On est vraiment sur la corde raide, l’équilibre est précaire. Je suis rendue au point où je gère les grossesses des pharmaciennes pour être sûre qu’elles ne partent pas toutes en même temps. »

Âgée de 64 ans, cette dernière ne peut pas non plus songer à la retraite.

« Je suis éligible, mais je ne peux pas partir parce qu’il n’y a personne pour me remplacer, dit celle qui souhaite quitter dans deux ans. Je suis vraiment très pessimiste pour l’avenir, je ne vois pas la lumière au bout du tunnel. »

LES PHARMACIENS
DANS LES HÔPITAUX
20 % des postes sont vacants (1 128 postes comblés sur 1 404)
Écart salarial de 35 % avec les pharmaciens du réseau privé
58 étudiants sont inscrits à la maîtrise, en 2012. Il en faudrait 112 pour maintenir le niveau actuel, mais cela ne règlerait toutefois pas la pénurie.
Source : Association des
pharmaciens des établissements
de santé du Québec, 2012

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