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Un vent de fraîcheur

Un vent de fraîcheur
photo d’archives
Serge Savard a toujours cru qu’il fallait attendre cinq ans pour juger le travail d’un directeur général. C’est peut-être pour cette raison que Marc Bergevin s’est vu octroyer un contrat de cinq ans avec le Canadien.
Un vent de fraîcheur
photo d’archives
Serge Savard a toujours cru qu’il fallait attendre cinq ans pour juger le travail d’un directeur général. C’est peut-être pour cette raison que Marc Bergevin s’est vu octroyer un contrat de cinq ans avec le Canadien.

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Le temps dira si Geoff Molson et Serge Savard ont fait le bon choix en confiant la direction des ­opérations hockey du Canadien à Marc Bergevin. Ce qu’on peut dire au premier coup d’œil, c’est que le contraste est frappant entre le nouveau directeur général et ses deux prédécesseurs, Bob Gainey et Pierre Gauthier.

Marc Bergevin est un bonhomme ­authentique, un gars du peuple. Il se livre ­facilement et ne tente pas de jouer au plus fin. Il ne cherche à duper personne.

Quand il a une réponse, il la donne. Il n’invoque pas que la question relève de politique interne, comme on nous l’a enfoncé dans la gorge au cours des neuf dernières années au Centre Bell.

Lorsque je lui ai demandé quelle est la ­durée de son contrat, il n’a nullement paru offusqué.Il a tout de suite répondu cinq ans.

Gainey et Gauthier répondaient que ça ne regardait personne.

À cet égard, Bergevin a la sagesse de dire qu’il ne juge pas ce qui se faisait avant lui, ajoutant que chacun a sa façon de procéder.

Être soi-même

Quoi qu’il en soit, sa personnalité Roger Bon Temps apporte un vent de fraîcheur dans cette organisation qui faisait dans le secret et la paranoïa depuis trop longtemps.

Et ça ne devrait pas changer, car Bergevin croit dur comme fer que la force d’une ­personne est de rester elle même.

« Je ne sais pas combien de fois je me suis fait dire ça dans ma vie », a-t-il mentionné.

Ce côté de sa personnalité a probablement séduit Molson et Savard.

N’empêche que ­l’ancien petit gars de Pointe-Saint-Charles paraissait nerveux au début de la conférence de presse et c’est bien normal.

Après 28 ans passés aux États-Unis, il lui est arrivé de passer de l’anglais au français ou vice versa.

Ça devrait vite se corriger.

Bergevin n’en a pas moins réussi sa rentrée. Si la première impression est souvent la bonne, il devrait faire l’affaire.

Savoir écouter

L’homme dégage une belle authenticité. Il est modeste, mais tout en affichant une ­assurance certaine.

Durant la période des questions, il a ­déclaré qu’il se sentait prêt pour le grand défi qui l’attend. »

« C’est un sentiment que l’on ressent au fond de soi, a-t-il expliqué plus tard quand on lui a demandé d’approfondir sa pensée.

« Je n’ai pas réponse à tout. Je n’hésiterai pas à consulter les personnes qui vont ­­m’entourer. »

« Si vous pensez tout savoir, vous êtes dans le trouble et je sais que je ne connais pas tout. Pour connaître le succès, il faut savoir ­écouter aussi. »

« Ceux qui me connaissent vous diront que je suis un gars d’équipe. Je l’étais comme joueur et je le demeure dans le rôle ­d’administrateur. »

Bergevin a travaillé dans cette ambiance de travail au cours des sept dernières années dans l’organisation des Blackhawks de Chicago, que ce soit sous Dale Tallon, qui lui a ouvert les portes de sa seconde carrière, Joel ­Quenneville, sous lequel il a servi comme ­entraîneur adjoint, ou sous Stan Bowman.

Déjà trois décisions

Reste que c’est le directeur général qui a le dernier mot et qui prend les décisions.

Déjà, à sa première journée dans le fauteuil de directeur général du Canadien, Bergevin a statué sur le sort de trois personnes.

Il a d’abord appelé Randy Cunneyworth pour l’aviser qu’il retournait à ses fonctions d’entraîneur adjoint.

Ce sera au prochain entraîneur en chef que reviendra le mandat de décider du sort de Randy Ladouceur, Pierre Groulx et ­Cunneyworth.

Deuxièmement, il a fait savoir que Trevor Timmins conserve son poste de directeur du recrutement et qu’il dirigera les opérations lors de la séance de repêchage qui se tiendra à Pittsburgh, en juin.

Enfin – et c’est la plus grande annonce qu’il a faite en ce premier jour de son régime –, le Canadien ne comptera plus un seul, mais bien deux éclaireurs au Québec.

Un legs de Savard

En lui accordant une entente de cinq ans, le Canadien lui a témoigné une grande confiance. Serge Savard n’est peut-être pas étranger à ça.

À l’époque où il dirigeait le secteur hockey du Tricolore, Savard disait qu’il fallait ­attendre cinq ans pour juger du travail d’un directeur général.

À Bergevin de faire ce qu’il faut et de convaincre les sceptiques qui le voyaient très loin dans les sondages derrière les Patrick Roy, Vincent Damphousse et Julien BriseBois, ­réaction qu’il dit très bien comprendre.

Mais rien n’y a paru quand il s’est ­présenté devant Molson et Savard, par qui il a été très impressionné.

« Tu arrives avec tes idées et tu expliques comment tu veux les appliquer », a-t-il ­raconté.

« Durant les six heures qu’a duré la ­dernière entrevue, j’avais l’impression de passer à répétition dans un lave-auto. »

« Mais je me sentais bien, j’étais content de moi. Je ne me retrouve pas ici parce que j’ai vu le jour à Montréal et que je suis bilingue, même s’il s’agit de critères importants.

« Je sais que j’aurais pu travailler partout ailleurs dans ligue. »

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