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Trois fois bravo pour Le Petit Prince

Trois fois bravo pour Le Petit Prince
photo courtoisie Jean-Laurent Ratel Le danseur Jérémy Galdeano en compagnie des danseurs des Grands Ballets canadiens de Montréal.

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« Wow ». C’est le mot qui me vient en tête lorsque je repense au Petit Prince, oeuvre touchante, captivante et ingénieuse montée par la chorégraphe Didy Veldman pour le compte des Grands Ballets canadiens de Montréal.

Une fois le rideau tombé sur la scène du Théâtre Maisonneuve de la Place des Arts, le 3 mai dernier, les spectateurs ont pu entendre les danseurs des Grands Ballets exploser de joie, en coulisse.

Il faut dire qu’il y avait de quoi se réjouir, car en ce soir de première mondiale, les artistes qui ont donné vie au Petit Prince de Didy Veldman ont réussi à toucher le public droit au coeur. À travers leurs mouvements, ils ont transmis des émotions puissantes, et ce, sans aucun filtre.

Depuis la salle, il était impossible de ne pas se laisser transporter dans ce monde à la fois familier et lointain. De tableau en tableau, nous avons suivi le Petit Prince (magnifiquement interprété par Kenji Matsuyama Ribeiro, ce soir-là) et nous sommes laissés guider par sa fraîcheur et son innocence.

Nouveau regard

Le Petit Prince des Grands Ballets n’est pas le reflet parfait du légendaire récit de Saint-Exupéry.

Même si certains personnages comme le renard ou le pilote, par exemple, ont disparu, on y redécouvre tout de même notre planète et notre société à travers les yeux d’un jeune homme venu d’ailleurs.

Sur son chemin, celui-ci croisera un guide, symbole de l’amitié, mais aussi un serpent, incarnation même de la tentation. Ce personnage nous a laissés bouche bée tant ses mouvements, qui demandaient flexibilité, grâce et fluidité, ont été exécutés à la perfection.

Lors de son voyage d’exploration, le Petit Prince tombera également sur des hommes et des femmes complexés par leurs corps, sur un leader un peu trop habitué de voir ses ordres devenir réalité et sur une horde de travailleurs absorbés par leurs tâches.

Dans son périple, le jeune homme découvrira aussi l’amour, l’affection, l’admiration et la tendresse. La scène dans laquelle un couple danse au ralenti dans une foule de gens pressés, ainsi que le numéro mettant en vedette une quinzaine de danseuses personnifiant la rose, sont particulièrement réussis.

Un univers riche

La beauté du Petit Prince réside également dans sa mise en scène et sa scénographie à couper le souffle.

Grâce au talent de Kimie Nakano (décors) et Matt Deely (projection vidéo), le public a la chance unique de voir les danseurs sous différents angles, puisque tel un miroir, leur image est « reflétée » sur une immense surface, en fond de scène, qui nous donne l’impression de voir double.

La magnifique trame sonore du spectacle, arrangée par Philip Feeney, fait du Petit Prince une expérience riche et complète. Plusieurs pièces — de véritables bijoux — ont été tirées de l’album Uniko des artistes Kimmo Pohjonen et Samuli Kosminen.

Planant, poétique, moderne et chargé de détails touchants, Le Petit Prince, présenté au Théâtre Maisonneuve de la Place des Arts, jusqu’au 12 mai, est un incontournable de la saison.

 

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