HELSINKI -
Kirk Muller n’a pas une boule de cristal, mais il ne sursauterait pas à l’annonce de Patrick Roy comme le prochain entraîneur en chef du Canadien.
Après un entraînement de l’équipe canadienne dans une espèce de grotte à Helsinki, Muller a dérivé de ses fonctions d’entraîneur adjoint à Brent Sutter pour s’intéresser à une équipe qu’il connaît très bien, le Tricolore.
Moins timide qu’à son dernier passage au Centre Bell avec les Hurricanes de la Caroline, Muller n’a pas eu peur de parler des candidats au poste d’entraîneur en chef du CH lors d’un long entretien avec le Journal de Montréal. Le premier nom qu’il a mentionné est celui de son ancien coéquipier, Patrick Roy.
« Patrick connaît parfaitement la réalité d’une ville comme Montréal, il y a joué assez longtemps pour savoir les bons et les mauvais côtés, a expliqué Muller. C’est déjà un gros avantage pour lui si on le choisit pour ce poste. Il a aussi acquis une bonne expérience depuis le temps qu’il est l’entraîneur en chef à Québec. Il a aussi gagné avec les Remparts.»
Pour plusieurs, la personnalité parfois trop explosive de Roy ne cadrait pas avec la mentalité du Canadien. Muller n’achète vraiment pas cette théorie.
« Beaucoup de gens croient qu’il a un caractère trop bouillant pour occuper ce poste avec le Canadien, mais je ne vois pas ça de cette façon, a-t-il dit. Comme ancien coéquipier de Patrick, je le considère plus comme un gars très compétitif qu’un gars avec un caractère difficile. Il veut gagner à tout prix et tu veux t’entourer de ce type de personne. Pour moi, il n’y a pas de doute qu’il deviendra un bon entraîneur dans la LNH. »
En 19 saisons dans la LNH, Muller a soulevé une seule fois la Coupe Stanley. Il l’a fait aux côtés de Roy avec le Canadien en 1993.
Ne pas oublier Carbonneau
Sans grande surprise, Muller a évoqué un autre nom pour le convoité poste d’entraîneur en chef à Montréal. Encore une fois, il a regardé en direction d’une personne qu’il connaît très bien en Guy Carbonneau.
« Pour moi, on oublie trop souvent Guy, a-t-il affirmé. J’ai eu la chance d’être son adjoint pendant près de trois ans et Guy faisait un très bon travail. Il pourrait encore faire un bon boulot. En 2008, il a été un candidat pour le trophée Jack-Adams, ce n’est pas rien. Tu ne deviens pas un mauvais entraîneur du jour au lendemain. »
Un contraste majeur
Au sujet de l’arrivée de Marc Bergevin au poste de directeur général, celui qu’on surnomme « capitaine Kirk » a immédiatement parlé de l’émotion, un phénomène rare avec l’ancienne garde à Montréal.
« On a le droit de présenter nos émotions et les Montréalais et les Québécois recherchent des personnalités attachantes, a dit Muller. Marc sera très bon pour séparer l’aspect sérieux du hockey et savoir décrocher pour avoir du plaisir. Je ne peux toutefois pas dire que je le connais beaucoup. Je sais toutefois qu’il a appris à une bonne école à Chicago. »
Sans vouloir critiquer Pierre Gauthier, il a eu une remarque forte de sens.
« C’est une philosophie très différente de celle de Pierre, je peux simplement dire ça », a-t-il affirmé en se forçant pour ne pas trop rire.
Ici pour apprendre
Sur une note plus personnelle, Muller souhaite profiter pleinement de son expérience au Championnat du monde en Finlande.
« Je suis ici pour devenir un meilleur entraîneur. J’ai la chance de côtoyer de très bonnes têtes de hockey avec les Brent Sutter, Guy Boucher et Kevin Lowe. J’apprends de nouvelles choses tous les jours, je suis encore un très jeune entraîneur et j’ai besoin moi aussi de me faire coacher. Je n’ai toutefois pas peur de lancer des idées et je m’implique beaucoup. »