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Énergie « injustifiée »

Les 3 500 MW d’électricité prévus dans le cadre du Plan Nord sèment la controverse

Énergie « injustifiée »
Photo D’ARCHIVES Plusieurs problématiques entourant le Plan Nord ont été soulevées lors du congrès de l’ACFAS, notamment les questions de développement énergétique, sociale et de communication.

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Le projet du gouvernement provincial de développer 3 500 mégawatts d’énergie, dans le cadre du Plan Nord est « injustifié » et ne correspond pas aux besoins de la population.

C’est du moins l’avis de Pierre-Olivier Pineau, professeur agrégé au service de l'enseignement des méthodes quantitatives de gestion de hautes études commerciales.

« Quand on regarde les chiffres astronomiques annoncés, ce n’est pas justifié et c’est problématique à plusieurs points de vue », a-t-il exprimé lors du colloque de l’Association francophone pour le savoir (ACFAS), hier.

Un projet politique

Selon lui, le développement de 3 500 mégawatts (MW) d’énergie, annoncé dans le cadre du Plan Nord, est un projet essentiellement politique (voir tableau).

« On élit des leaders pour qu’ils soient des visionnaires, et c’est difficile de s’opposer à des projets d’énergie propre, dit-il. Mais, c’est une manière de mettre un rideau et de donner une apparence de cohérence à l’ensemble des projets qui soulèvent des questions. »

Dans sa conférence, Pierre-Olivier

Pineau indique que le coût par MW de cette capacité de production est estimé à 7,1 millions $ par MW, selon un document du gouvernement, ou à 13,4 $ millions, selon un autre.

Dans les deux cas, c’est « plus cher qu’un projet comme La Romaine, déjà critiqué pour son coût élevé », indique-t-il.

Tarif aux minières

Ce dernier questionne aussi la décision d’offrir le tarif d’électricité industriel aux compagnies minières, qui verront le jour dans le cadre du Plan Nord.

« Est-ce qu’on veut consentir notre énergie à ce prix-là ? Il y a un débat de société qu’on doit avoir, ajoute-t-il. On n’a pas fait les preuves de création d’emploi et de richesse suffisantes pour que ça vaille la peine. »

Par ailleurs, les autres professeurs invités au colloque sur le Plan Nord ont soulevé plusieurs autres problématiques, notamment le manque d’information disponible au public.

Manque d’accès à l’information

« Le Plan est présenté comme si on ne pouvait pas être contre la vertu, indique le philosophe Alexandre Gajevic Sayegh. Mais, sommes-nous contre le développement parce que nous sommes critiques ? On doit s’interroger sur les dépenses publiques. »

« L’information est cruciale, et on refuse de dire quelles mines font des profits. Mais, ce sont les citoyens qui paient. Peut-être qu’on nous dit la vérité, mais tant qu’on n’a pas accès à l’information, on ne peut pas croire grand monde », ajoute Normand Mousseau, professeur en physique à l’Université de Montréal.

 

L’énergie dans le cadre
du plan nord
3 000 mégawatts d’hydroélectricité.
300 mégawatts d’énergie éolienne.
200 mégawatts d’autres sources d’énergies renouvelables.
Coût total de 25 milliards $ ou 47 milliards $ sur 25 ans (dépendamment du document du gouvernement).
38 projets miniers en développement.
Source : Le plan nord tient-il la route ?, Pierre-olivier pineau
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