« Lâchez prise! On vous a entendus. On sait ce que vous voulez. »
C’est ce qu’avait à lancer aux militants contre la hausse l’étudiant en arts plastiques Jean-François Morasse samedi après-midi, lors d’une manifestation plutôt intime d’une trentaine de porteurs du carré vert à l’Université Laval.
« On doit se mobiliser. Il y a des drames épouvantables qui risquent de se produire et le conflit est en train de ruiner la vie de certains étudiants. Le stress est énorme. Tu ne sais pas ce qui va t’arriver », ajoute celui qui était récemment devant les tribunaux pour exiger d’assister à ses cours.
Peu de temps à investir
Bien que les « carrés verts » aient été peu nombreux pour ce rassemblement, l’étudiant estime faire partie d’une majorité silencieuse qui doit toutefois se faire entendre davantage. Certains étudiants ont aussi fait valoir qu’ils n’ont pas toujours le temps de manifester, puisqu’ils doivent travailler.
La manifestation regroupait pratiquement autant d’étudiants que de travailleurs et de retraités. Gary Sommerville, 66 ans, s’indignait. « Ce sont des étudiants, ils devraient savoir compter. Cette année, avec le nouveau budget, j’ai 1 150 $ de plus à sortir de mes poches. Est-ce que je vais aller casser des vitres et crier après Charest? Non! Je me console en me disant que je ne suis pas tout seul de même. »
Étudiant en enseignement au secondaire et en grève depuis le 29 février, Patrick De Varennes a initié la mobilisation d’hier. Il compte organiser d’autres actions prochainement. « J’étais juste à bout. Quand j’ai vu que les verts se réunissaient à Montréal aujourd’hui (hier), je voulais faire quelque chose à Québec. »
Leaders verts recherchés
À son avis, le mouvement des carrés verts doit se trouver quelques leaders pour porter davantage leur discours. « Les gens ne veulent pas se lever tant que ça. Ça commence, mais il faut agir beaucoup plus. » L’étudiant de 20 ans juge que la cause des « rouges » est bien noble, « mais en parlent-ils vraiment de cette cause? Ils parlent de tasser Charest, de faire la révolution et de changer le monde », conclut-il.
Également à Montréal
Près d’une centaine de « carrés verts » ont manifesté hier après-midi, au centre-ville de Montréal. Aucun méfait n’a été commis et le trajet prévu au départ a été respecté.
Alors que les manifestants semblaient se préoccuper davantage du retour en classe et de la fin de la grève que de la question de la hausse des droits de scolarité, l’organisateur de la marche, Mathieu Dion, a affirmé que la plupart d’entre eux étaient pour la hausse. « On manifeste pour un retour en classe et pour montrer la présence des verts dans la rue », a-t-il souligné.
— Avec la collaboration de l'Agence QMI