QUÉBEC -
Line Beauchamp abandonne la vie politique après 15 années passées comme députée à l’Assemblée nationale et marquées par un interminable conflit avec les étudiants des cégeps et des universités.
« J’espère que ça servira d’électrochoc », a souhaité Line Beauchamp alors qu’elle annonçait sa décision aux côtés du premier ministre Jean Charest. Mme Beauchamp a jeté le blâme sur les dirigeants des fédérations étudiantes qui, à son avis, n’ont démontré aucune volonté de faire quelque compromis. « J’ai perdu confiance en la volonté des leaders des associations étudiantes d’être en recherche de solution (...) Je fais l’ultime compromis, je cède ma place », a dit l’ex-ministre.
Le gouvernement Charest perd ainsi sa vice-première ministre (la 2e en huit mois après Nathalie Normandeau), sa ministre de l’Éducation et sa députée dans la circonscription de Bourassa-Sauvé. « La décision de Line m’attriste. J’aurais voulu qu’elle reste pour faire le travail avec nous », a déclaré le premier ministre. M. Charest s’est montré déterminé à maintenir sa politique d’augmenter de 82 % en sept ans les droits de scolarité dans les universités.
Perte de confiance
Cette décision « personnelle », Mme Beauchamp l’a prise après avoir passé deux heures, hier matin, à négocier avec les dirigeants des quatre fédérations étudiantes, FECQ, FEUQ, CLASSE et TaCEQ en conférence téléphonique. « Ce matin, ils ont rejeté la proposition que je leur ai faite jeudi de confier à une commission parlementaire le soin d’identifier des sources d’économies dans la gestion des universités applicables à une réduction de la contribution des étudiants (...) Me faire dire qu’on ne fait pas confiance aux élus du peuple, ça me heurte. Ce fut un élément important pour prendre ma décision », a exposé l’ex-ministre. Même l’hypothèse d’une trêve sur la hausse des droits de scolarité aurait été rejetée.
Élue pour le première fois en 1998, Line Beauchamp a accédé au conseil des ministres dès la prise du pouvoir par les troupes libérales au printemps 2003. D’abord nommée ministre de la Culture et des Communications, elle est passée au ministère de l’Environnement avant d’accéder à l’Éducation où elle a dû porter les projets de l’enseignement de l’anglais intensif en 6e année, de l’implantation des tableaux interactifs et du financement des universités qui a donné lieu au conflit étudiant qui en est à sa quatorzième semaine.
« Je n’aurai pas réussi à régler un conflit important et j’en assume la responsabilité », a convenu Mme Beauchamp en quittant la scène politique.
On ne fait pas la grève contre Mme Beauchamp, mais contre la hausse des frais de scolarité. »
— Jeanne Reynolds, porte-parole de la CLASSE
Il était clair qu’elle prenait le conflit très personnel. »
— Martine Desjardins, présidente de la FEUQ
Pour que les
étudiants retournent en classe, ça prend une offre sur la hausse des frais de scolarité. »
— Jeanne Reynolds, porte-parole de la CLASSE
Par respect, il
est important de
saluer l’engagement politique de cette dame-là qui a passé beaucoup de temps
au service des Québécois. »
— Léo Bureau-Blouin, président de la FECQ