NEWARK -
Lorsque Martin Brodeur accrochera ses patins au terme d’une glorieuse carrière d’une vingtaine de saisons, les portes du Temple de la renommée s’ouvriront automatiquement devant lui.
Normal, puisqu’aucun autre gardien dans toute l’histoire de la LNH, et même de ce sport, ne peut se targuer d’avoir compilé des statistiques aussi impressionnantes.
Le nom du gardien originaire de Saint-Léonard apparaît pratiquement au sommet de toutes les statistiques imaginables. Ses 1 191 matchs joués, ses 656 victoires et, surtout, ses 119 jeux blancs sont autant de records de saison régulière qui seront difficilement atteignables.
En fait, seule la marque de 151 victoires en séries, qui appartient à Patrick Roy, risque de lui échapper.
D’ailleurs, Roy a toujours été plus dominant en séries qu’en saison régulière, lui qui est le seul joueur à avoir remporté trois fois le trophée Conn-Smythe.
Bref, la carrière de Brodeur sera reconnue à sa juste valeur une fois qu’elle sera derrière lui.
Mais qu’en a-t-il été pendant ?
Loin des réflecteurs
Contrairement aux Wayne Gretzky, Patrick Roy et Sidney Crosby, Brodeur a été rarement l’invité de grandes émissions de télévision ni même la vedette de stunts publicitaires.
En comparaison, Henrik Lundqvist, présentement peut-être supérieur à Brodeur, mais dont la carrière jusqu’ici est loin d’être aussi étincelante, est constamment sous les feux de la rampe à New York.
Que serait devenu Brodeur si tous les exploits énumérés plus haut de même que la conquête de ses trois coupes Stanley étaient survenus tout juste de l’autre côté de la rivière ?
« Honnêtement, j’aime tellement ma vie au New Jersey que je n’y ai jamais songé. New York, ça ne représente rien de spécial pour moi. D’ailleurs, à l’exception de lorsqu’on y joue, je n’y vais jamais, a-t-il d’abord déclaré.
« En fait, si j’avais à penser à un autre endroit, je penserais à Montréal, là où j’ai grandi. Je me demanderais de quelle façon ma vie aurait différé si je l’avais passée entièrement à Montréal. »
Engagement envers les Devils
Bien que conscient qu’il aurait probablement été le dieu du stade, une véritable légende ambulante, sous les couleurs bleu-blanc-rouge des Rangers ou du Canadien, jamais il n’a songé à troquer son uniforme rouge et noir.
« Tôt dans ma carrière, j’ai pris la décision de demeurer au New Jersey. J’ai pris un engagement envers les Devils tout comme ils en ont pris un à mon égard. »
D’ailleurs, Brodeur, qui négocie lui-même ses contrats, a déjà accepté une diminution salariale pour permettre à Lou Lamoriello, qui selon lui a toujours tout mis en œuvre pour mettre sur pied des équipes aspirantes à la coupe, de bénéficier d’une plus grande marge de manœuvre.
« Tout au long de ma carrière, j’ai voulu être le meilleur et j’ai la certitude qu’il n’y avait pas de meilleur endroit que le New Jersey pour réunir les conditions gagnantes. »
Et pas seulement sur la patinoire, où pendant la majeure partie de sa carrière il a pu compter sur une brigade défensive ultra étanche et un système de jeu allant dans le même sens, mais également en dehors de la glace.
« La région, la situation géographique qui diminue au minimum le nombre de voyages, et la proximité avec Montréal. Tout ça a souvent été pris en considération », a-t-il conclu.
Au lendemain de la défaite face aux Rangers, les Devils ont obtenu congé d’entraînement. Les deux équipes croiseront le fer dans le deuxième match de cette finale d’association ce soir, à 20 h.