Les manifestations étudiantes quotidiennes semblent dissuader certains amateurs de Formule 1 de venir assister au Grand Prix du Canada, les 8, 9 et 10 juin prochains sur l’île Notre-Dame.
Plusieurs hôtels de luxe du centre-ville, habituellement prisés pour l’arrivée des écuries automobiles à Montréal, accusent une baisse d’achalandage à moins de deux semaines du Grand Prix.
Plus d’une dizaine de chambres sont encore disponibles dans une quinzaine de complexes que le Journal a contacté, alors qu’à pareille date l’an passé les réservations étaient déjà fermées.
« Il nous en reste 25. Cette saison, la cadence est moins soutenue. L’année dernière, on affichait complet depuis longtemps. La crise étudiante nous affecte, c’est certain », explique une réceptionniste du Sofitel, rue Sherbrooke.
Meilleur l’an dernier
Même chose à l’InterContinental, rue Saint-Antoine. « Nous avons encore neuf chambres doubles et trois chambres pouvant accueillir quatre personnes, vérifie l’agente de réservation. À cette période, en 2011, nous étions plus que complets ! »
Au Fairmont Reine Élizabeth, il y a encore 10 chambres de libres, « mais ça commence à se remplir », ajoute le réceptionniste.
Idem du côté du Novotel, du Marriott et du Holiday Inn, sur René-Lévesque, du Crystal, du Hyatt ou encore du St-Martin.
Pire encore que la baisse des réservations, certains clients ont appelé, cette semaine, pour annuler leur séjour.
« Nous avons beaucoup d’annulations depuis une semaine, pour les deux semaines à venir, week-end du Grand Prix inclus. Les manifestations en sont la raison principale », livre une employée de l’hôtel Hyatt, dans le centre-ville.
Elle précise que ces annulations proviennent du Canada, des États-Unis, mais aussi de l’Europe. « Alors de la disponibilité, nous en avons. Au moins une centaine de chambres. »
Depuis quelques jours, en effet, Pierre Bellerose, vice-président de Tourisme Montréal, avoue avoir des échos d’annulations.
« Mais aucun hôtelier ne me l’a confirmé personnellement et je ne sais pas s’il s’agit précisément de la période du Grand Prix », nuance-t-il.
Rien d’alarmant
En revanche, d’autres hôtels, comme le Westin, le W ou le Delta, ne connaissent pas la crise.
À l’Auberge Saint-Gabriel, qui ouvre ses portes exclusivement pour les soirées privées du Grand Prix, on n’est pas inquiet non plus. « Je ne pense pas que la grève nous affectera. Pour l’instant, les billets sont en vente et ça s’annonce bien », révèle la réceptionniste.
Du côté de l’organisation du Grand Prix du Canada de F1, le président François Dumontier admet que certains hôtels ont en effet reçu des deman-des d’annulation.
« Mais rien qui ne peut encore les énerver », relativise-t-il.
Des rencontres ont eu lieu entre l’équipe de sécurité du Grand Prix, le Service de police de la Ville de Montréal (SPVM) et la Société de transport de Montréal (STM) pour se préparer à d’éventuelles perturbations. D’autant plus que le meilleur moyen pour rejoindre l’île Notre-Dame se trouve être le métro.
Pour l’instant, une seule association étudiante a appelé à perturber le Grand Prix.