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Procès | Steven Léger

« J’ai tué quelqu’un »

L’accusé aurait fait des aveux aux policiers quelques heures après le meurtre de son ex-conjointe

couteau
Photo d’archives
Ce couteau a été retrouvé près du corps d’Anne-Marie Desaulniers, dans une chambre d’un appartement qu’elle partageait avec Steven Léger, sur le boulevard de la Concorde à Laval.
couteau
Photo d’archives
Ce couteau a été retrouvé près du corps d’Anne-Marie Desaulniers, dans une chambre d’un appartement qu’elle partageait avec Steven Léger, sur le boulevard de la Concorde à Laval.

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Steven Léger aurait spontanément avoué avoir commis un meurtre aux policiers qui sont intervenus après son appel d’urgence au 911.

« J’ai tué quelqu’un », aurait-il dit au policier Alexandre Gill, tôt le matin du 20 novembre 2010.

Le policier de Laval, qui est l’un des premiers à être intervenu auprès de Léger à la suite du drame, a témoigné, hier, au procès de l’homme accusé du meurtre prémédité d’Anne-Marie Desaulniers.

Steven Léger
Accusé

Ce matin-là, l’agent Gill répondait à un appel d’urgence placé par Léger qui disait « avoir les veines ouvertes ».

À son arrivée, l’accusé était assis près de la cabine téléphonique d’où il aurait fait l’appel au 911. Gill croyait qu’il avait affaire à quelqu’un de « dépressif ».

Il a alors invité l’accusé à attendre les ambulanciers dans l’autopatrouille « puisqu’il faisait froid ».

Léger aurait alors demandé : « Ils vont me tuer en prison ? » Après un long silence, il aurait avoué avoir « tué quelqu’un ». Incrédule, le policier a d’abord cru que l’homme « hallucinait ».

Steven Léger aurait finalement accepté de donner l’adresse où le drame dont il parlait se serait joué. Lorsque l’agent Gill lui a demandé qui serait retrouvé à cet endroit, Léger aurait dit :

« Ma blonde et mon ami, mais lui, il doit être correct ».

Après avoir entendu sur les ondes qu’une femme venait d’être retrouvée morte à l’adresse fournie par Léger, ce dernier a été placé en état d’arrestation.

Appel au 911

Par ailleurs, l’enregistrement de l’appel au 911 qu’a fait Steven Léger ce matin-là a été rendu public, hier, en Cour.

Il n'a fait mention que des blessures qu'il se serait lui-même infligées. Aucune allusion au meurtre d’Anne-Marie Desaulniers, survenu quelques heures plus tôt.

« J’ai besoin d’aide s’il vous plait », lance-t-il d’une voix faible. Le téléphoniste lui demande ce qui se passe. « Je suis en train de perdre du sang beaucoup », finit-il par dire. Léger respire de façon saccadée. On lui demande s’il a froid. Il répond que oui. « J’ai besoin d’une ambulance, dit-il. Il est arrivé quelque chose. » L’appel d’urgence dure un peu plus de trois minutes. Durant l’écoute de l’extrait dans la salle de cour, Steven Léger pleurait silencieusement dans le box des accusés, fixant le sol.

FAITS SAILLANTS

►Dans l’ambulance, Steven Léger aurait laissé tomber: « Pourquoi? Pourquoi? ». Il fixait ses pieds et semblait sous le choc, expose le policier Alexandre Gill.

►Au centre de détention de Laval, Léger aurait dit, alors qu’il se trouvait seul en salle d’interrogatoire: « Pourquoi j’ai fait ça ? ». L’agent Gill l’aurait entendu grâce aux micros qui ont capté les paroles de l’accusé.

►En menottant l’accusé, l’agent Gill a aperçu qu’il avait d’importantes lacérations aux avant-bras. Ces blessures, il ne les avait pas vu avant puisque Léger portait un chandail à manches longues.

►Steven Léger aurait dit aux policiers que c’est avec le petit couteau de cuisine retrouvé sur lui après son arrestation qu’il se serait ouvert les veines, raconte le policier Alexandre Gill.

►Hier, un expert en balistique marques et empreintes, Amir Chaltchi, a conclu que la victime avait un oreiller dans le visage lorsqu’elle a été poignardée au cou.

►En analysant uniquement la trajectoire dans l’oreiller, aidé d’une tête de mannequin, Amir Chaltchi a constaté que les deux couteaux déposés en preuve, soit celui qui aurait été retrouvé sur l’accusé et l’autre sur la scène de crime, auraient pu être utilisés pour poignarder la victime au cou.

►Le biologiste judiciaire Jean Bergeron a conclu jeudi que le sang sur le grand couteau retrouvé dans la chambre était celui de la victime. Le sang analysé sur le petit couteau retrouvé sur l’accusé lui appartenait.

 

 

Anne-Marie Desaulniers
Anne-Marie Desaulniers, 21 ans, aurait été tuée à coups de marteau et de couteau.
Photo Courtoisie
Anne-Marie Desaulniers, 21 ans, aurait été tuée à coups de marteau et de couteau.
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