Si la police veut capturer Luka Rocco Magnotta dès que possible pour le mettre hors d’état de nuire et le juger, d’autres le veulent pour de toutes autres raisons.
Les qualificatifs ont été nombreux cette semaine pour caractériser l’animal sans cœur et sans âme qui a tué et décapité un « ami » tout en immortalisant ces moments sur vidéo et en envoyant des souvenirs sanguinolents par la poste.
Le « démembreur canadien », le « dépeceur », le « tueur fou de Montréal », le « tueur au pic à glace », « Hannibal de Montréal ». Peu importe le nom qu’on peut lui accoler : on a hâte de savoir qui il est vraiment.
Et je peux vous dire qu’il y a des spécialistes du cerveau, tant d’ici que d’ailleurs, qui jubilent en pensant à étudier un tel cas d’espèce.
Pour avoir moi-même décortiqué le passé et la personnalité du tueur en série William Fyfe, en vue d’écrire un bouquin sur lui et ses odieux crimes, je peux comprendre leurs sentiments.
Comment un garçon à l’image angélique, comme le montrent les photographies de sa jeunesse obtenues par le Toronto Sun, peut-il devenir un tel monstre ?
COMMENT DÉMÊLER TOUT ÇA ?
Violent, sadique, adepte du sang, de la souffrance et de la mort, narquois, exhibitionniste, ayant des mœurs sexuelles débridées, nomade, mais à la fois organisé et méthodique : comment démêler tout ça ?
Les spécialistes ont bien hâte de faire l’autopsie de toute cette affaire pour y voir clair. Ils salivent à la seule idée de se retrouver dans une pièce avec lui pour le faire parler, pour échanger, pour comprendre.
Oui, comprendre. Comment a été construit le cerveau de Magnotta ? Quelle connexion a été mal faite ? Quelle soudure a lâché ? Un défaut de fabrication ou une pièce qui s’est « usée » avec le temps ?
L’affaire Magnotta est unique. Voilà pourquoi on voudra l’étudier sous toutes ses coutures, s’il accepte de collaborer lorsqu’il se retrouvera derrière les barreaux. Sa capture se révélera un véritable cadeau pour les spécialistes des crimes majeurs du Service de police de la Ville de Montréal (SPVM).
DES TROUBLES À ANALYSER
Le Service d’analyse du comportement de la Sûreté du Québec, seule escouade d’élite au Québec disposant de profileurs criminels, d’un psychologue judiciaire, de polygraphistes et d’analystes du comportement, voudra aussi sans doute l’étudier de près.
Magnotta s’avérerait un beau cadeau pour eux, dont le bureau fête cette année sa 10e année d’existence.
Cette semaine, à la lumière du peu d’informations dont nous disposions sur lui, des psychiatres ont parlé de psychopathie criminelle, de sadisme, de perversions et de paraphilie. On croit que l’assassin est sans conteste atteint de plusieurs troubles.
BUNDY, DAHMER, FYFE ET… MAGNOTTA ?
Des cas comme Ted Bundy, Ed Kemper ou Jeffrey Dahmer ont fait l’objet d’études. Luka Rocco Magnotta risque de l’être aussi. Il est de la trempe des William Fyfe, auteur d’au moins neuf meurtres sadiques de femmes dans la région de Montréal, entre 1979 et 1999.
Celui qu’on surnommait « le boucher de Saint-Eustache », Serge Archambault, est aussi un cas qui fait penser à Magnotta : il avait ligoté ses victimes, les avait découpées et démembrées. Le sadisme d’Agostino Ferreira, violeur et assassin de deux femmes, dans une boutique d’Outremont, en 1990, n’est pas sans rappeler le cas vécu cette semaine. Karla Homolka et Paul Bernardo avaient eux aussi pris plaisir à filmer leurs crimes.
S’il est capturé et condamné, Magnotta se retrouvera sur la liste des assassins tristement célèbres dont on veut faire l’autopsie du cerveau. Afin de comprendre. Et peut-être de prévenir.