MONTRÉAL - L'un des hommes les plus recherchés de la planète, Luka Rocco Magnotta, est toujours en fuite. François Julien, spécialiste en projections de sang et retraité du Laboratoire des sciences judiciaires et de médecine légale à Montréal, est intervenu dans au moins 700 dossiers d'importance, dont une quinzaine de cas de tueurs qui démembrent leurs victimes.
Un cas, toujours non résolu à ce jour, l'a profondément marqué. « J'ai été appelé sur une scène où il y avait un en deux parties. La personne avait été coupée au niveau de la taille. Tout ce qu'on avait c'était le tronc, car il manquait la tête et le bas du corps était dans deux sacs, dans un garde-robe ».
« On n'avait pas la tête et on la cherchait partout dans l'appartement et on ne l'a pas retrouvé jusqu'à ce que, d'une façon tout à fait machinale, j'ouvre la porte du four et que je trouve la tête dans une poêle », a raconté le spécialiste.
Il ajoute qu'en règle générale, les tueurs qui font disparaître la tête connaissaient la victime.
M. Julien veut aussi rassurer la population en expliquant qu'il y a peu de tueurs comme Luka Rocco Magnotta. Il n'y en aurait qu'une quinzaine dans le monde.
Un psychopathe
« Les psychopathes ne sont pas toujours des gens qu'on imagine à la Hannibal Lecter dans le Silence des agneaux », a affirmé Gilles Côté, directeur du centre de recherche à l'Institut Philippe-Pinel.
Il a écrit un livre sur la psychopathie, mais étant donné que Magnotta n'a pas été évalué, il ne peut pas dire s'il a un déficit émotif.
« Chez les psychopathes, on dénote une absence d'empathie, l’incapacité à ressentir ce que l'autre peut vivre. De plus, il y a un deuxième élément qui est aussi au cœur du mode de fonctionnement psychopathique et c'est la composante narcissique. Donc des gens qui sont très préoccupés par l'image », a ajouté le chercheur.