QUÉBEC -
La reprise des cours dans les cégeps touchés par la grève des étudiants coûtera de 40 à 70 millions de dollars, estime la Fédération nationale des enseignants du Québec (FNEEQ).
Il faudra embaucher de nouveaux enseignants pour remplacer ceux qui ne pourront pas se présenter au travail à la rentrée prévue à la mi-août; des enseignants qui seront soit en congé différé, de maladie ou de maternité ou qui ont pris leur retraite, a expliqué la nouvelle présidente de la Fédération nationale des enseignants du Québec (FNEEQ), Caroline Senneville. Il faudra aussi rappeler les enseignants contractuels qui représentent 40 % des membres de la FNEEQ, ajoute la présidente.
Le nombre de nouveaux enseignants à embaucher est inconnu pour le moment, a reconnu Mme Senneville. La facture comprendra aussi le temps supplémentaire que les enseignants devront effectuer. « Dans les calendriers scolaires qu’on a, chaque journée de travail sera augmentée de 20 % à 30 %, plus les samedis dans certains cas », a dit la présidente. Dans certains cégeps, les professeurs devront condenser 12 semaines normales de cours en six ou sept semaines.
« Bouchées doubles »
Les enseignants des cégeps devront livrer l’équivalent d’une session et trois quarts entre le 17 août et le congé des fêtes de Noël et du Nouvel An, a précisé la présidente. La session d’hiver 2012 devrait se terminer à la fin de septembre. À la session d’automne qui débutera en octobre, les enseignants devront condenser 16 semaines de cours et d’examens en 11 ou 12 semaines.
« On veut que nos enseignants, qui devront mettre les bouchées doubles, aient une reconnaissance de ça », prévient Mme Senneville. La facture de 40 à 70 millions de dollars sera un des enjeux majeurs de la négociation qui s’annonce avec le gouvernement Charest, dit-elle.
La présidente de la FNEEQ a rencontré la ministre de l’Éducation, Michelle Courchesne, pendant un peu moins d’une heure hier, à Montréal, pour amorcer les discussions en vue de la confection d’un calendrier de reprise de cours.
Retour non assuré
Il n’est cependant pas assuré que les cours reprendront le 17 août si le conflit n’est pas réglé. « On est dans la “schnoutte” (...) On devra prendre des décisions à ce moment-là », reconnaît Caroline Senneville. C’est clair que pour nos membres, ça serait difficile de se retrouver en classe alors que des votes démocratiques auraient été pris pour poursuivre la grève. » Les syndicats affiliés à la FNEEQ se réuniront en août pour prendre position. La loi 78 fait obligation aux enseignants de donner leurs cours malgré le conflit. « La loi est contestée », précise Mme Senneville.
La FNEEQ représente quelque 30 000 membres, dont 85 % des enseignants des cégeps et la majorité des chargés de cours dans les universités.