Sur fond de festivités sous haute tension entourant le Grand Prix de Formule 1, plusieurs dizaines de personnes se sont rassemblées à la Place du Canada, complètement nues ou vêtues de petites tenues, pour rappeler que le conflit étudiant n’est toujours pas réglé.
« C’est déplorable que le gouvernement nous présente la F1 comme un grand projet de société alors que notre démocratie est malade », a ajouté Caroline Thisdale.
Sur son dos, on pouvait lire le slogan : « Je veux la démocratie, pas une Ferrari ».
Certains avaient toutefois d’autres objectifs en participant à cette manifestation.
« Je suis en train d’accepter mon corps et cette manifestation est un bon endroit pour m’aider dans ma démarche », a confié Karel Langevin. « Mais je suis concernée par le conflit étudiant », a-t-elle assuré.
La marche des « tout nus » s’est mise en branle peu après 20 h sur la rue Sainte-Catherine, dans une ambiance festive. Plusieurs regards amusés ont été lancés aux manifestants.
À quelques pas de là, les festivités entourant le Grand Prix de Montréal se déroulaient sous haute tension, alors que les groupes d’intervention du SPVM ont eu recours aux gaz lacrymogènes pour disperser des manifestants.
Un important déploiement policier suivait la manifestation.
Le ton avait été donné dès le début du rassemblement, alors que trois manifestants ont grimpé sur une statue de la Place du Canada recouverte d'un drap rouge.
Après avoir lancé un décompte, les trois jeunes hommes se sont complètement dévêtus et la marche s'est mise en branle.
Les applaudissements étaient peu présents au passage des manifestants.
Les regards sceptiques se faisaient plus nombreux.
« On a besoin des touristes à Montréal. Quand ils regardent ça, ils vont penser qu'on est tous fous », a lancé la vendeuse d'un magasin de chaussures.
Plus tard en soirée, des milliers d'autres manifestants se sont greffés à la foule pour une longue marche.
Selon les diverses estimations, ils étaient entre 1500 et 2000.
Les marcheurs ont sillonné les rues du centre-ville, suivis de près par les policiers qui ont procédé à des arrestations sélectives principalement pour des projectiles lancés.
Les membres du Black Bloc ont encore une fois fait sentir leur présence, alors qu'ils ont lancé des pièces pyrotechniques en direction d'immeubles.
Les policiers ont tant bien que mal tenté d'empêcher les manifestants de perturber les festivités du Grand Prix.
Les pires craintes des organisateurs de festivals semblent se concrétiser.
Les manifestants ont tenu promesse et se sont greffés à la foule venue assister aux FrancoFolies. La tenue de l'événement n'a pas été perturbée, mais les nombreux agents de sécurité n'ont pas été en mesure de bloquer l'accès aux manifestants.
Toujours la manifestation nocturne
La 45e manifestation nocturne s’est mise en branle un peu après 21 h 30 jeudi. Elle regroupait environ 200 personnes qui ont rejoint la marche des « tout nus ».
Un peu avant 22 h, les policiers ont dû disperser la foule nombreuse avec des gaz lacrymogènes à l’intersection de l’avenue McGill College et de la rue Sainte-Catherine.