Assailli hier par les journalistes après ses déclarations percutantes de la veille concernant le conflit étudiant, Jacques Villeneuve a admis hier avoir été l’objet de menaces de mort.
« J’ai reçu de nombreux messages injurieux et même menaçants, a-t-il déclaré dans les paddocks du Grand Prix du Canada.
« J’ai été victime de menaces de mort, mais bon, on passe à autre chose. On efface tout. »
Villeneuve n’entend pas y donner suite.
Avant de participer au Grand soir de la F1, jeudi à Montréal, Villeneuve a été particulièrement virulent à l’endroit des manifestants, affirmant qu’ils étaient très embarrassants et qu’ils causaient un tort immense au Québec et au Canada.
Sur les ondes de la télé publique, il avait recommandé aux étudiants de retourner à l’école.
« Qu’ils étaient mal élevés par leurs parents qui n’avaient pas appris à leur dire non. »
Plusieurs sites internet ayant rapporté ses remarques ont publié des commentaires acerbes de lecteurs.
Les réseaux sociaux se sont également emparés du dossier avec ferveur.
Il persiste et signe
Jacques Villeneuve ne regrette pas ses propos.
Au contraire, il les a réitérés hier devant les journalistes locaux et internationaux.
« J’aurais probablement aimé avoir 30 minutes pour tout expliquer, a-t-il poursuivi, mais bon, il peut arriver qu’une phrase soit trop généraliste et que ça fâche des gens qui ne soient pas nécessairement concernés.
« J’ai toujours livré le fond de ma pensée. Et clairement, en plus. Je ne changerai pas. »
Villeneuve s’est d’ailleurs étonné de la réaction des gens après ses déclarations-choc.
« Oui, je suis surpris qu’on soit… surpris que j’aie des opinions. On m’a posé des questions avant le gala et j’ai répondu.
« Pour des gens qui prônent la liberté d’expression, je trouve ça ridicule qu’on n’ait pas le droit de dire ce qu’on pense. »
Acte de terrorisme
Le champion du monde de F1 1997 a aussi déclaré que les manifestations avaient déjà terni l’image du pays.
« Ça fait trois mois que ça dure, c’est triste, a-t-il affirmé, tout le monde en a marre.
« L’impact risque d’être négatif, pas juste pour la F1, mais aussi pour le Canada, le Québec et la ville de Montréal. »
Sur les menaces de bloquer le métro, Villeneuve a rétorqué que si les manifestants envisageaient de le faire, « ils commettraient un acte terroriste. »
Par ailleurs, Villeneuve est revenu sur ses paroles rapportées hier par plusieurs quotidiens, dont le Journal de Montréal.
« Oui, je le dis à nouveau, les pilotes de F1 ne se rendent pas compte que c’est un sport dangereux.
« Dans leur tête, c’est impossible de se faire mal. Ils se permettent de prendre des risques comme s’ils se retrouvaient devant un jeu vidéo. »