La course venait tout juste de commencer quand les vraies affaires importantes ont commencé. Le ministre des Finances du Québec, Raymond Bachand, et Michael Fortier, celui qui œuvre avec Bernie Ecclestone pour assurer la présentation du Grand Prix du Canada jusqu’en 2024, ont quitté leur place dans la loge de François Dumontier pour se rendre au motorhome de Bernie Ecclestone.
Les trois hommes ont discuté pendant une vingtaine de minutes, assez pour que le ministre Bachand remonte à la loge avec un fin sourire. Les négociations entre le Québec et Ottawa se passent bien et, pour une fois, le fédéral et le provincial sont sur la même longueur d’onde.
On sait que les gouvernements devront investir environ 15 millions $ par année pendant les 10 prochaines années pour assurer la pérennité du Grand Prix à Montréal. S’il y a du retard dans le dossier, c’est que le gouvernement fédéral a mis du temps à se mettre en marche.
« En termes d’intention, les deux gouvernements se rejoignent », a cependant déclaré le ministre des Transports Denis Lebel, le ministre du gouvernement Harper responsable du dossier du Grand Prix : « Les discussions avec Raymond Bachand et les membres de son équipe sont très bonnes. Il y a des ouvertures de notre côté, c’est certain. Le véhicule est là, le Grand Prix est très important pour Montréal, le Québec et le Canada. C’est quand même le Grand Prix du Canada. C’est l’essentiel, nous sommes tous d’accord sur cette importance. J’attends une proposition de mon collègue M. Bachand dans les prochaines semaines pour ficeler le tout », a expliqué M. Lebel.
LE COLISÉE DE QUÉBEC ET DE LAVAL
En fait, ce qui est compliqué, c’est d’éviter que l’implication du fédéral soit vue comme un investissement dans une infrastructure servant au sport professionnel. Comme ce fut le cas à Québec et à Laval avec les nouveaux amphithéâtres.
C’est Raymond Bachand qui a planché sur le dossier pour trouver une solution : « D’ici 15 jours, le fédéral va recevoir notre proposition. Elle respectera les politiques d’Ottawa et va permettre à tout le monde de profiter du Grand Prix du Canada », a expliqué M. Bachand.
En fait, la Ville de Montréal va verser un million, Tourisme-Montréal quatre autres millions et les gouvernements de Québec et d’Ottawa allongeront les 10 millions manquants : « Par contre, la Ville de Montréal ne retire pratiquement rien du Grand Prix. Et c’est la Ville qui assume les frais supplémentaires de police et de différents services. Alors qu’Ottawa et Québec encaissent les taxes et les impôts. Il y a une marge ne manœuvre pour trouver un accommodement intelligent qui va permettre au ministre Lebel de compléter le dossier », de dire Bachand.
Il reste un hic. La montre et le calendrier. Le temps passe affreusement vite et le ministre Bachand est en poste pour quelques mois encore avant de rendre des comptes aux électeurs. On parle d’élections qui pourraient être déclenchées à la mi-août. Bernie Ecclestone, François Dumontier, le promoteur et les autres intervenants espèrent régler le dossier avant cette date.
DUMONTIER REÇOIT BRYAN FRANCE DE NASCAR
François Dumontier était vraiment fier d’accueillir Bryan France, le grand patron du Nascar. France a volé vers Montréal de Daytona Beach samedi pour venir assister à la course dans la loge de Dumontier. On sait que Dumontier travaille très fort à convaincre le Nascar que Montréal mérite une course Sprint, la Ligue nationale du Nascar.
En tous les cas, il a pu lui montrer hier que Montréal était une ville qui ne lésinait pas sur la sécurité. La police de Montréal a gagné sa Coupe Stanley lors de la dernière semaine.
YVES DEVIN DE LA STM : OUF !
Ils étaient deux hommes heureux au moment où la course commençait. François Dumontier, dans des conditions épouvantables, avait réussi à organiser la présentation de son Grand Prix. Et fort bien. Au prix de discussions à répétition avec les plus hauts responsables des gouvernements municipal et provincial.
L’autre était Yves Devin, le président de la STM, la société des transports. Grâce à de nombreuses mesures « préventives », Devin a pu livrer la marchandise et permettre à des dizaines de milliers d’amateurs de Formule 1 de se rendre sur l’île Notre-Dame : « Encore ce matin, nous avions des dizaines d’autobus à Longueuil pour recevoir les casseurs qui auraient pu causer du trouble aux stations de métro. Heureusement, la police a su agir avec diligence », de dire M. Devin, qui quittera son poste au cours des prochains mois. Il a fait le tour de la job…
DANS LE CALEPIN
Le gratin était au rendez-vous. Le skieur Érik Guay et les gens de B2 10, Dominik Gautier et J.D. Miller étaient là. Ainsi que Guy Lafleur et Jean-Marc Gagné. Même Caroline Néron a assisté à la course. Ainsi que Gilbert Rozon, Bernard Lemaire de Cascades, Jacques Ménard et Philippe Bond. Étaient absents le maire actuel de Montréal, M. Gérald Tremblay, et le futur maire, Denis Coderre.