ROUGEMONT – Figure emblématique de la Révolution tranquille grâce au spectacle «L’Osstidcho», qu’il a mis sur pied avec Robert Charlebois, Louise Forestier et Mouffe, Yvon Deschamps estime que le mouvement de contestation qui a envahi le Québec ces derniers mois arrive à point.
«Nous avons passé notre jeunesse à manifester dans les rues, a lancé l’humoriste. Je regardais ce qui se passait au Québec et je trouvais que c’était devenu trop calme depuis les dernières années.»
Il a souligné que la capacité des manifestants à se mobiliser pour faire valoir leur point de vue importe plus que les raisons qui les poussent à passer à l’action. «Je suis très content que quelqu’un manifeste. Qu’ils aient raison ou non, pour moi, ça n’a aucune importance. Les jeunes doivent faire leur avenir. Nous n’avons pas à nous en mêler.»
Yvon Deschamps a ainsi déploré la façon dont le gouvernement gère la situation. «Ça serait facile de dire qu’un autre parti aurait pu mieux faire les choses, mais ce qui est certain, c’est que personne n’aurait pu faire pire», a-t-il lancé à la blague.
Occupé malgré la retraite
Retraité depuis 2010, le comédien n’a pas de projets d’envergure à son agenda pour le moment. «Je fais les choses au fur et à mesure et j’essaie d’y aller un jour à la fois», a-t-il expliqué.
Porte-parole de la fondation du CHUM depuis 2009 et président honoraire de l’Association sportive et communautaire du Centre-Sud, un organisme qui vient en aide aux résidants du quartier Centre-Sud à Montréal, le coloré humoriste n’a pas le temps de chômer. «Des fois, je regarde mon calendrier et c’est comme si je travaillais encore!»
À l’aide de son amie
M. Deschamps était à Rougemont dimanche pour le vernissage d’une exposition dans l’atelier de son amie de longue date, l’artiste «la Claude» Gagnon. L’humoriste avait lui-même organisé l’événement afin d’aider son amie à assumer les coûts relatifs aux soins de son époux, atteint d’Alzheimer.
«Nous cherchons toujours des façons d’attirer les gens ici, parce que ce que Claude fait est exceptionnel, a-t-il dit. Pour une artiste, c’est un peu plus difficile de boucler les fins de mois, alors nous avons organisé tout cela pour l’aider.»
La condition des aînés est un sujet qui touche particulièrement Yvon Deschamps, dont deux cousins ont été emportés par la maladie d’Alzheimer. «Je rappelle toujours à mes enfants combien j’ai été gentil avec eux, a-t-il lancé en plaisantant. Si la tête part en premier, ils savent que je compte sur eux pour s’occuper de moi.»
On a d’ailleurs pu l’apercevoir dans les publicités de sensibilisation aux abus envers les aînés orchestrées par le ministère de la Santé. «C’est une des craintes que nous avons tous, de perdre notre autonomie, a-t-il dit. L’infantilisation des vieux, je trouve ça terrible. L’entourage finit par prendre le contrôle et c’est comme si les personnes âgées étaient redevenues des enfants.»
Il croit par ailleurs que la vieillesse est un sujet que beaucoup de gens refusent d’aborder. «Il y a un refus total de la vieillesse, a-t-il constaté. Les gens font tout pour ne pas faire leur âge.»
L’artiste, qui soufflera ses 77 bougies au mois de juillet, considère la vieillesse avec beaucoup de sérénité. «Moi, je suis content d’être vieux! Je suis en santé et je travaille, a-t-il affirmé. Tant que je suis vieux, ça veut dire que je ne suis pas mort!»