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Recyclage

La consigne ne fait pas que des heureux

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La hausse de la consigne sur les canettes et les contenants en plastique ne fait pas le bonheur de tous. Fraudes en hausse, coûts accrus pour les détaillants et exagérations du bilan environnemental font partie des reproches soulevés par la mesure.

«En Ontario, il n'y a pas de consigne sur les canettes de boissons gazeuses, a expliqué Normand Bisson, directeur des finances et opérations chez Boissons Gazeuses Environnement (BGE). Nous voyons déjà beaucoup d'entrepreneurs remplir des camions, traverser la frontière et venir collecter leurs consignes.»

Annuellement, ce sont plus de 20 millions de contenants qui entrent frauduleusement dans la bouche des «gobeuses» du Québec, selon BGE. Cela représente 1 million $ et environ 2 % du volume total de contenants au Québec.

«Nous craignons que la tendance s'accélère maintenant que les canettes rapportent deux fois plus d'argent», a souligné M. Bisson.

Chaque année, près d'un milliard de contenants consignés à remplissage unique se retrouvent en circulation au Québec.

Coûts en hausse

Les commerçants qui doivent accueillir les récupératrices automatisées voient aussi d'un mauvais œil la hausse de la consigne.

Ceux-ci reçoivent deux cents par canette qui entre dans une de leurs machines. Toutefois, selon le Conseil canadien du commerce de détail (CCCD), cette somme ne couvre pas les coûts qui sont occasionnés.

«On doit avoir au moins une personne qui s'occupe des machines à temps plein, a expliqué Nathalie Saint-Pierre, vice-présidente du CCCD. Il faut nettoyer les récupératrices et le plancher. Nous devons changer les sacs et vider les gobeuses. Si le taux de récupération et la fraude augmentent, nos coûts gonfleront aussi.»

Pénalité pour le consommateur

«Les gens en vacances en dehors de la province, par exemple, peuvent trouver encombrant de rapporter les contenants», a fait savoir Martin-Pierre Pelletier, conseiller spécial à l'Association des embouteilleurs de boissons gazeuses du Québec.

«Plusieurs d'entre eux recyclent quand même et perdent leur consigne», a-t-il ajouté.

Dans la province, les 400 millions de bouteilles consignées non rapportées représentent une somme perdue de 20 millions $ pour les consommateurs de la province, selon des chiffres de BGE.

Le ministre du Développement durable, de l'Environnement et des Parcs, Pierre Arcand, estime que la consigne permettra d'améliorer le bilan environnemental de la province. «En Alberta, la consigne est passée à 10 cents et le taux de récupération a cru de 13% », a-t-il dit.

Martin-Pierre Pelletier croit qu'il s'agit de poudre aux yeux. «Lorsqu'on augmente une consigne, on voit généralement une sorte de bulle la première année et les taux reviennent ensuite près de la moyenne», a-t-elle précisé. 

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