Malajube n’a manqué aucune édition des FrancoFolies depuis la parution de son premier album. À l’intérieur comme à l’extérieur, le groupe se fait toujours un plaisir d’accepter l’invitation des organisateurs. « Tant qu’ils voudront de nous… », déclare le chanteur Julien Mineau.
Cette année, Malajube tient l’affiche du grand concert extérieur de clôture. Chose étonnante : les quatre amis n’avaient toujours pas défini le concept du spectacle au moment de notre entrevue. Car Julien, Francis, Mathieu et Thomas aiment bien élaborer des thématiques spéciales pour leurs prestations. À titre d’exemple, leur série de trois concerts au Club Soda en 2007. Ou encore leur fameux Cube rubrique au Théâtre Maisonneuve en 2010.
Julien Mineau se rappelle avec bonheur cette dernière soirée qui avait débuté sur une note électro-dansante avant de prendre un mini virage country. Même le groupe trash métal progressif québécois Voivod s’était joint aux célébrations à mi-parcours !
« On n’aurait jamais pu faire un show pareil sans l’aide du festival. Ça donne toujours des résultats intéressants », résume le chanteur.
En raison d’un engagement à Osheaga, les francophiles croyaient bien que Malajube leur ferait faux bond l’an dernier. Le groupe s’était toutefois débrouillé pour donner un concert-surprise à L’Astral en plein milieu de la nuit.
Projets parallèles
Sur la place des Festivals ce soir, Malajube proposera les meilleurs morceaux de ses quatre premiers albums, Le compte complet (2004), Trompe-l’œil (2006), Labyrinthes (2009) et La caverne (2011). Contrairement aux rumeurs, le groupe ne prévoit pas présenter de nouvelles chansons.
Depuis quelques mois, les membres du groupe planchent sur des projets parallèles, à commencer par le claviériste Thomas Augustin, qui a ressuscité Jacquemort en compagnie de Rémy Nadeau Aubin (ex-Hot Springs), Julien Michalak et Julien Bakvis (Méta Gruau).
À l’instar du batteur Francis Mineau et du bassiste Mathieu Cournoyer, Julien Mineau travaille lui aussi de son côté. « Ça ne ressemble pas à ce que je fais avec Malajube. Ça va dans toutes les directions. Des fois, ça fait mal aux oreilles. D’autres fois, ça fait du bien. Je n’ai aucune pression. Je veux juste être satisfait de mon travail. Je veux faire quelque chose qu’on n’a jamais entendu. Je veux pousser l’art ailleurs. »
Mineau ne sait pas encore quand il présentera le fruit de ses efforts au public. Il tient toutefois à rassurer les amateurs de Malajube qui s’inquiéteraient pour le futur du groupe. À long terme, cet intermède ne peut qu’être bénéfique. « J’avais besoin de décrocher un peu. Ça m’a fait du bien, déclare-t-il. Au point où on en est, c’est juste bon d’explorer différentes avenues. »
Pause salutaire
Julien Mineau profite du congé que Malajube s’offre depuis quelques mois. Comme ses acolytes, il ne souhaite pas renouer avec le rythme infernal des premières tournées du groupe, qui s’étiraient sur plusieurs mois, voire années.
« Avant, on pressait trop le citron. Aujourd’hui, on essaie de garder ça relaxe. Parce qu’on veut continuer d’aimer ce qu’on fait. Aligner 15 shows en ligne, c’est moyen. Surtout quand tu joues en Europe ou aux États-Unis. On a passé l’âge de ça. On ne veut plus donner des shows partout dans le monde. On ne veut pas se brûler. On veut avoir du fun tout en gardant les choses simples. »
Cet été, la formation restera dans la belle province. Outre son spectacle aux FrancoFolies, elle donnera notamment des spectacles à Gatineau (25 juin), St-Jean sur Richelieu (1er juillet) et Val-D'Or (4 août).
Engagé
Malajube compte parmi les nombreux artistes ayant publiquement exprimé leur soutien au mouvement étudiant contre la hausse des frais de scolarité. Le 5 avril dernier, le groupe officialisait son appui aux grévistes lors d’un concert extérieur présenté à Montréal. Un spectacle mettant aussi en vedette Orange Orange, Boni Suba et Doba.
D’après Julien Mineau, les artistes ont le devoir de prendre position dans ce genre de débat. « Il ne faut pas en abuser. Parce que c’est facile d’avoir l’air d’un trou de cul qui ne sait pas de quoi il parle. »