Coup de théâtre hier soir chez les Alouettes, alors que l’équipe a libéré deux vétérans, le maraudeur Étienne Boulay et le secondeur de ligne Diamond Ferri.
Le directeur général Jim Popp ne fait pas de sentiments, même à l’égard de valeureux guerriers qui ont rendu de très bons services à l’équipe.
« On a changé de système de jeu en défensive, l’équipe a un nouveau coordonnateur en Jeff Reinebold et un nouvel entraîneur de la ligne secondaire. On a décidé d’employer un Américain (probablement Kyries Hebert) à la position de maraudeur», a confié Popp au Journal de Montréal.
« On ne voyait pas Étienne comme partant et on croit qu’il est préférable pour lui de le libérer immédiatement afin qu’il puisse se dénicher un poste régulier avec une autre équipe dans les prochains jours et ainsi continuer de toucher un bon salaire », a-t-il ajouté.
« On ne croit pas qu’Étienne aurait apprécié être employé uniquement au sein des unités spéciales. Il faut réaliser qu’il n’est pas aussi costaud (5’9’’) qu’un Patrick Lavoie ou un Marc-Olivier Brouillette. »
Il voulait finir sa carrière ici
Boulay, 29 ans, était trop sous le choc pour s’adresser aux médias hier soir. Il le fera cependant ce matin, selon son agent. On sait qu’une sérieuse commotion cérébrale lui a fait rater la majeure partie de la saison 2011.
« Je suis en pleine forme, a précisé Boulay par voie de communiqué. Apprendre cette nouvelle m’a pris par surprise. Je suis déçu. Je me voyais finir ma carrière à Montréal.
« Je vais digérer le tout et évaluer ce qui s’offre à moi. Chose certaine, je quitte cette organisation la tête haute. Les Alouettes m’ont toujours traité avec respect et ils m’ont permis d’être le joueur que je suis aujourd’hui. J’apprécie la franchise de Jim et la manière avec laquelle l’équipe a fait les choses. Je suis confiant pour la suite. »
Boulay avait signé un contrat de deux ans l’hiver dernier, mais dans la LCF, les contrats ne sont pas garantis.
Pas un concours de popularité
Popp est conscient que cette décision de libérer Boulay ne fait pas le bonheur des amateurs de football francophones.
« C’est toujours difficile de libérer de tels joueurs, mais c’est une nouvelle défensive que les Alouettes auront cette année et Boulay et Ferri ne faisaient pas partie des plans des entraîneurs », a-t-il raconté.
« Étienne est un gentilhomme, un produit local, mais ce n’est pas à cause de sa popularité qu’il a joué pour les Alouettes au cours des six dernières saisons, mais bien parce qu’il pouvait aider l’équipe à gagner. »
Boulay était heureux d’avoir pris part au match préparatoire de jeudi face aux Blue Bombers. Certains ont remarqué qu’il a raté quelques plaqués, mais c’était tout à fait normal après un an d’absence.
« Je l’ai toujours comparé à un sixième joueur dans une équipe de basket-ball, en ce sens que tu n’as pas besoin d’être un partant pour contribuer de façon significative. On le remercie pour sa contribution », a conclu Popp, qui devra retrancher huit autres joueurs aujourd’hui ou demain au plus tard.
Soulignons que Ferri a terminé au quatrième rang chez les Alouettes pour les plaqués défensifs avec 50 la saison dernière. Il a également récolté trois sacs et il a obtenu le plus grand nombre de verges sur les retours de bottés, soit 573. Ferri, un Américain, a passé cinq saisons avec les Alouettes.