Le député Amir Khadir «rêve» de faire élire 5 à 10 députés de Québec solidaire lors du prochain scrutin, confiant de capitaliser sur la crise sociale qui secoue la province depuis plusieurs mois.
«Naturellement, quand les gens se mettent debout, en marche, quand une jeunesse s'est éveillée, quand un peuple s'est éveillé, avec des courants plus progressistes, des courants qui veulent que notre société avance puis cesse d'être prise dans ce magma dû au statu quo qui profite à ses élites, bien, notre parti progresse», a-t-il déclaré ce matin à l'Assemblée nationale, alors qu'il dressait le bilan de la session parlementaire.
Combien de circonscriptions pensez-vous pouvoir remporter réalistement, lui a-t-on demandé en anglais : «Je dirais entre 5 et 10», a-t-il répondu, précisant ensuite en français que «c'est dans les rêves les plus raisonnables».
«Moi, j'ai des rêves, en tout cas, tous les jours, contrairement à M. Charest, qui a juste des ambitions du Grand Nord. Et, dans mes rêves, c'est qu'on est capables parce qu'on a des équipes. On sait comment gagner des élections, on en a gagné quelques-unes, quand même», a-t-il lâché.
«Je pense que Québec solidaire, dans nos rêves les plus extravagants, on n'aurait pas pu imaginer que 300 000 personnes, un jour, se ramasseraient sur le mont Royal, alentour d'une notion aussi abstraite que le bien commun, la protection du bien commun.C'est sûr, donc, que quand des centaines de milliers de gens prennent les casseroles ou vont sur le mont Royal, dans des manifestations pacifiques pour demander au pouvoir de l'argent et de la finance de cesser d'abuser de notre société et d'insister pour que les politiciens et les politiciennes protègent le bien commun, c'est merveilleux pour nous.
Loin de se laisser abattre par la performance de son parti dans le «bastion fédéraliste» d'Argenteuil lundi dernier - Québec solidaire a été devancé par le Parti vert - Amir Khadir a rappelé que son parti avait triplé ses voix dans LaFontaine. Québec solidaire compte maintenant 10 000 membres, a-t-il insisté.
Sa place «n'est pas en prison»
Il est également revenu sur son arrestation à Québec lors d'une manifestation qui a été déclarée illégale par la police. «Ce que Québec solidaire cherche, c'est un combat politique, que nous menons ici, que nous menons dans les manifestations pacifiques. Donc, pour qu'on puisse être libre de faire ça, notre place n'est pas en prison, mais au Parlement ou dans la rue», a-t-il laissé tomber, accusant à mots à peine couverts le gouvernement d'avoir eu un rôle à jouer.
« Ceci étant dit, le gouvernement cherchait à intimider la population, ou peut-être briser notre volonté ou nous amener à commettre des erreurs en nous... en faisant ça. J'imagine, s'il y avait une volonté politique derrière. Sinon, c'est le pur hasard. C'est, je m'excuse, un manque de jugement de la police ce soir-là...»