En avril, ils ont reçu une amende de 900 $ pour avoir fait trop de bruit dans la rue. Deux mois plus tard, les musiciens de Cheesecake Ninja continuent d’animer le Quartier Latin, cette fois avec leur permis en poche.
Depuis plus de deux ans, Francis Boutin et son partenaire batteur ont l’habitude de jouer trois fois par semaine sur le même coin de rue, devant la station de métro Berri-UQÀM, à Montréal.
Les deux jeunes hommes s’entendent plutôt bien avec les policiers. Malgré tout, au début du mois d’avril, un agent a sorti son carnet de contraventions et les amendes sont tombées : 434 $ chacun pour avoir joué de leurs instruments à l’extérieur.
« On n’a pas compris. On ne nous avait jamais rien dit », s’étonnait alors le guitariste, Francis Boutin.
C’est le sourire aux lèvres que le Journal les a retrouvés, hier, toujours au même endroit. Guitare et baguettes en mains. Et surtout, permis en poche.
Après avoir fait les démarches pour contester leurs contraventions, ils ont également réussi à régulariser leur situation, non sans quelques difficultés.
Percussions
Pour jouer dans la rue, il faut un permis de musicien ambulant. Ce dernier leur a cependant été refusé une première fois, car l’un des membres du groupe est batteur et les percussions sont interdites.
« On s’y attendait, car c’est ce que tout le monde dit à propos des percus. Mais ç’a été un gros coup au moral quand même. »
Puis, les deux amis ont commencé à lire les documents réglementant la délivrance des permis.
Avocats
« On a été nos propres avocats. On a lu tous les articles et, finalement, à aucun endroit il est écrit noir sur blanc qu’on ne peut pas jouer de percussions, explique Francis Boutin. Alors, j’ai appelé un conseiller à la Ville pour lui en faire part. »
Les deux hommes ont parcouru ensemble la réglementation, qui interdit, entre autres, d’amplifier les percussions ou de jouer à certains endroits précis.
« Mais, il s’est rendu compte que nous avions raison et nous a dit que c’était à la Ville d’être plus claire dans ses règlements », rapporte Francis Boutin.
Le conseiller aurait alors appelé le bureau des permis afin de permettre à Cheescake Ninja de passer l’audition. Les musiciens ont obtenu une date de passage et, enfin, leur permis quelques jours plus tard.
« Je suis probablement le seul batteur sur l’île de Montréal à pouvoir drummer légalement. On entre dans l’histoire des musiciens ambulants ! », plaisante le partenaire de Francis Boutin.
Soulagement
L’époque où les deux jeunes hommes ne savaient jamais s’ils allaient devoir libérer le trottoir en plein show ou pas est désormais révolue.
« C’est un soulagement. Avant c’était toujours incertain. Si on se faisait écourter notre soirée du vendredi, par exemple, c’était 50 % de salaire en moins dans notre semaine », explique Francis.
En guise d’anecdote, il raconte d’ailleurs que l’agent qui leur a donné la contravention de près de 900 $ en avril est revenu les voir la semaine passée.
« Il nous a dit qu’on n’avait rien à faire ici et qu’on devait remballer notre stock. Alors, pour la première fois, on a montré nos permis », sourit Francis.
Le policier est reparti sans sourciller. « Il aurait pu nous féliciter, quand même, d’avoir fait toutes les démarches et payé 175 $ chacun pour l’audition et le permis d’un an ! », estime-t-il, avant de commencer à jouer devant quelques passants impatients.
► Cheesecake Ninja lancera son nouvel album le 3 juillet au Divan Orange.