L’avocat de la défense a essuyé les foudres du juge, pour avoir orienté les soupçons du meurtre d’Anne-Marie Desaulniers vers le nouvel ami de cette dernière, qui ne fait pourtant face à aucune accusation dans cette affaire.
Le juge a même annulé la convocation du jury jeudi dernier, afin de mettre les choses au clair avec les procureurs.
« Il faut se baser sur les éléments de preuve, pas sur des spéculations », a-t-il lancé à Me Martin Larocque, qui défend Steven Léger.
Lors de sa plaidoirie, Me Larocque a clamé l’innocence de son client aux huit hommes et quatre femmes qui composent le jury.
L’avocat n’excluait pas que le nouvel ami de cœur de la victime, Sébastien Francoeur, ait été « impliqué d’une façon ou d’une autre » dans le crime.
« Est-ce qu’on peut soulever que c’est un tiers qui a commis le crime ? Je ne pense pas », a dit le juge.
Il a également reproché à l’avocat de la défense, qui défendait ardemment son point, de faire perdre du temps à la Cour.
« N’eût été de la façon dont vous avez plaidé hier (mercredi), je serais en train de donner mes directives (au jury) », a-t-il ajouté.
Léger, 27 ans, est accusé du meurtre prémédité de son ex-conjointe, Anne-Marie Desaulniers. Son procès se déroule depuis trois semaines au palais de justice de Laval.
Théorie rejetée
Selon Me Larocque, Steven Léger était en fait allongé sur le divan du salon au moment du meurtre de la jeune femme. Un fait dont il n’a jamais été question dans la preuve déposée au procès.
Ce n’est que plus tard qu’il aurait fait la macabre découverte et qu’il aurait fui, paniqué.
Selon son avocat, Léger se serait par la suite convaincu qu’il était l’auteur de l’horrible crime.
Les questions posées par le détective Alain Audet dans les heures suivant le meurtre l’auraient simplement convaincu davantage qu’il était un tueur, soutient Me Larocque.
Une théorie « non-conforme à la réalité », finalement rejetée par le juge Michel Delorme.
Lors de ses directives hier, il a indiqué aux jurés de ne pas tenir compte de ces éléments lors de leurs délibérations.
Chandail controversé
Par ailleurs, si les membres du jury, eux, n’ont rien remarqué, l’habillement de la mère de l’accusé et de son ami n’a pas échappé au huissier vendredi dernier.
La femme portait un chandail à l’effigie du groupe criminalisé les Hells Angels.
« Support Nomads Ontario », pouvait-on lire au bas du vêtement. À l’arrière du chandail, était inscrit en gros, le nombre 81. Cela représente les initiales du groupe de motards, soit HA, respectivement la huitième et la première lettre de l’alphabet.
Lors d’une pause, le juge a convoqué les avocats des deux parties dans le corridor pour discuter de la situation.
C’est l’avocat de Léger qui a par la suite avisé la mère de son client et son ami de sortir. La femme est revenue dans la salle d’audience, à peine quelques minutes plus tard, vêtue d’un chandail à motifs.