Après trois mandats et plus de neuf ans de pouvoir, le Parti libéral peut encore espérer gagner les prochaines élections et obtenir un quatrième mandat.
Le PLQ en hausse
Notre dernier sondage, publié samedi dans Le Devoir, démontre que la crise étudiante profite au Parti libéral. Voici pourquoi nous aurons bientôt des élections :
1) La majorité de la population appuie la position du gouvernement dans le conflit étudiant;
2) Le taux de satisfaction à l’égard du gouvernement grimpe à 26%;
3) Jean Charest est perçu aujourd’hui comme le meilleur premier ministre;
4) Les libéraux sont en tête avec 33% du vote, devançant le PQ par un point;
5) Le vote libéral chez les francophones est passé de 19% en janvier à 27% en juin. Cet indicateur est le plus important et incitera les libéraux à déclencher des élections.
PQ encore minoritaire
S’il y avait des élections aujourd’hui, le Parti québécois formerait un gouvernement minoritaire, mais avec une marge de manœuvre de plus en plus réduite. Le PQ autant que le PLQ se retrouve dans la zone payante où chaque point de pourcentage supplémentaire équivaut à environ dix députés.
Le site Tooclosetoocall.ca nous permet d’estimer, sur la base de notre sondage, la répartition probable des sièges. Le PQ obtiendrait 58 sièges, le PLQ 56 sièges, la CAQ 10 sièges et 1 seul pour Québec Solidaire. En tenant compte de la marge d’erreur, on comprend bien que tout peut arriver.
Par exemple, si le PQ obtient deux points de plus et grimpe à 34%, il deviendrait majoritaire. Avec un point de plus, le PLQ formerait un gouvernement minoritaire. Et avec deux points supplémentaires, le PLQ deviendrait majoritaire. Ce serait la première fois depuis Duplessis qu’un parti obtiendrait un quatrième mandat consécutif. Le PLQ a formé un gouvernement minoritaire avec un peu plus de 33% du vote en 2007.
En somme, les partis politiques, incluant la CAQ, doivent atteindre la fourchette des 32-33% pour espérer former un gouvernement minoritaire et de 34-35% pour former un gouvernement majoritaire
Vote par élimination
Mais l’électorat demeure très volatil et tout peut basculer d’un côté comme de l’autre. Comme pour le NPD aux dernières élections fédérales, les électeurs voteront davantage contre un parti que pour leur propre parti. Les libéraux votent contre le PQ, les péquistes votent contre le gouvernement libéral, les électeurs caquistes s’opposent aux deux vieux partis alors que les électeurs de Québec Solidaire votent contre le système des trois partis établis. L’élection québécoise de 2012 sera davantage un vote par élimination.
Magie électorale
Mais il y a toujours, à chacune des élections, un moment magique où les Québécois tombent en amour avec un chef de parti. Un moment où les conditions gagnantes se réunissent et le candidat est transporté par l’euphorie populaire. Un moment où la politique est porteuse d’espoir et d’avenir. C’est arrivé à Jack Layton (2011), à Mario Dumont (2007), à Jean Charest (2003), à Lucien Bouchard (1995), à Brian Mulroney (1984), à René Lévesque (1976) et même à Pierre-Elliott Trudeau (1968).
Un jour Wilfrid Laurier a répondu à Henri Bourassa « La province de Québec n’a pas d’opinions, elle n’a que des sentiments ». J’ai peur qu’il ait raison.