Les cheveux d’un blanc immaculé de Jean Charest dans sa dernière publicité en ont fait sursauter plus d’un. Mais sa chevelure n’a pas été blanchie pour l’occasion, assure son entourage.
«Ce sont ses cheveux naturels», insiste Michel Rochette, directeur des communications du Parti libéral du Québec.
Ce serait plutôt l’éclairage et le décor dans lesquels se tient le premier ministre qui a contribué à accentuer le caractère délavé de ses boucles qui, en effet, tirent vers le blanc.
« Occuper des fonctions excessivement demandantes, ça marque le corps et le temps aussi », note Thierry Giasson, chercheur en communication politique et marketing électoral à l’Université Laval.
« On a vu le même phénomène avec Stephen Harper, Bill Clinton et même Barack Obama », poursuit-il.
Mise en scène
Le décor y est pour beaucoup dans cet aspect plus blanc que blanc qui saute aux yeux des téléspectateurs, croit-il. Une « mise en scène » soigneusement planifiée.
« C’est sans artifice, sans élément pour faire interférence au message du premier ministre et capter toute l’attention des gens », avance M. Giasson.
Bernard Motulsky, titulaire de la Chaire de relations publiques et communication marketing de l’Université du Québec à Montréal (UQAM), partage cette opinion.
Alors qu’on a reproché à Jean Charest d’être peu présent dans la crise qui secoue le Québec, le visuel de cette campagne lance le message contraire, observe-t-il.
« On a voulu montrer que le pilote est dans l’avion pour rassurer en temps de turbulence. »
Lui aussi est d’avis que le décor a servi à éclaircir la crinière de M. Charest. Il souligne que « rien n’est laissé au hasard : c’est le propre du travail du publicitaire ».
Pauline Marois y est aussi allée de sa propre publicité où elle apparait toute de noir vêtue.