Guy A. Lepage se souvient très bien du 24 juin 2011. Il pleuvait des cordes. Un mois plus tôt, le Parti conservateur de Stephen Harper remportait une majorité absolue de sièges aux élections fédérales canadiennes. Un scrutin caractérisé par l’effondrement du Bloc québécois et l’ascension du Nouveau Parti démocratique de Jack Layton. Ce soir-là, au parc Maisonneuve, l’animateur et ses invités s’étaient « défoncés devant une poignée d’irrésistibles Gaulois » qui avaient bravé les intempéries pour assister au grand spectacle de la Fête nationale. « On avait donné notre meilleur show. On sentait qu’on luttait contre une certaine apathie dans la population », raconte-t-il. Un an plus tard, tout a changé. « C’est comme si on ne vivait plus dans la même société. C’est très l’fun. C’est très stimulant », dit-il en souriant. Un Québec 3.0 ? Guy A. Lepage semble y croire.
Force est d’admettre que cet été, tous les ingrédients sont réunis pour faire de la Fête nationale un événement explosif. Guy A. Lepage en est conscient… heureusement. Plongée depuis bientôt cinq mois dans une crise étudiante qui ne cesse de s’enliser, la belle province est à fleur de peau. Et chaque petit incident nous fait craindre de nouveaux débordements.
Questionné sur le contexte politique et social dans lequel s’inscrit la Saint-Jean-Baptiste, l’animateur de Tout le monde en parle se fait rassurant.
« La Fête nationale, c’est un party ; ce n’est pas la 182e manif, souligne-t-il. On est là pour s’amuser ; pas pour damner le monde. »
Guy A. Lepage ne s’empêchera pas de livrer « plusieurs messages » durant le spectacle. Épaulé aux textes par Sylvie Rémillard, l’auteur et humoriste n’entend pas se gêner pour livrer le fond de sa pensée. Le contraire nous aurait surpris… et peut-être même déçus. « On a des choses à dire. Ça, c’est certain », déclare-t-il.
Des inquiétudes
Interviewé sur le toit de l’Hôtel de Ville, en plein cœur d’une séance photo orchestrée par le Journal de Montréal, Guy A. Lepage témoigne d’un calme exemplaire à l’approche de l’événement qui – selon toute vraisemblance – devrait attirer environ 150 000 spectateurs. Confiant de pouvoir répondre aux attentes de cette foule imposante, l’animateur fronce toutefois les sourcils en discutant du taux de participation anticipé aux prochaines élections provinciales.
Les étudiants iront-ils voter quand l’heure viendra ? Leurs bonnes intentions fondront-elles comme neige au soleil au cours du mois d’août ? Guy A. Lepage l’ignore. Et c’est ce qui l’inquiète.
« En politique, ça change tellement vite… », note-t-il.
Guy A. Lepage insiste : pas besoin d’être un « carré rouge » pour aller fêter au parc Maisonneuve dimanche.
« La Fête nationale, c’est pour tous ceux qui sont fiers d’être Québécois. Si t’es heureux d’être Québécois, viens à notre party. »
Place de choix
La Saint-Jean-Baptiste, Guy A. Lepage l’a célébrée de plusieurs manières jusqu’à présent.
Adolescent, il a notamment assisté aux mythiques célébrations de 1975 et 1976 menées par Gilles Vigneault, Jean-Pierre Ferland, Robert Charlebois et Ginette Reno. « Ces spectacles-là ont, non seulement forgé mon identité québécoise, ils ont mis la table pour l’élection du PQ », affirme-t-il.
Avec l’ascension de RBO au début des années 1980, Guy A. Lepage a cessé d’exprimer sa fierté lors de grands rassemblements publics. « Quand les gens ont commencé à me reconnaître, c’est devenu de plus en plus difficile de disparaître dans une foule. Je ne pouvais pas regarder le show parce que je passais mon temps à parler aux autres. Pendant longtemps, j’ai dû regarder le spectacle à la télévision », raconte-t-il.
« Mais aujourd’hui, c’est moi qui ai la meilleure place : sur scène devant des centaines de milliers de personnes… Quand je vois le soleil qui se couche derrière eux, je trouve ça hot en tabarouette. Je suis très privilégié de faire ça. »
Guy A. Lepage animera le grand spectacle de la Fête nationale au parc Maisonneuve, dimanche soir à partir de 21 h. Radio-Canada présentera l’événement à partir de 21 h 30.
La soirée commence à 18 h avec un concert du violoniste Alain-François, suivi d’une prestation d’Alfa Rococo à 19 h 15.
Le groupe électro Misteur Valaire clôture la veillée en prenant les planches d’assaut à 23 h.