QUÉBEC -
Alors chef de l’opposition officielle et politicien en vogue, Mario Dumont a fréquenté Tony Accurso au cours d’un voyage à Hawaii en 2007, a appris le Journal.
En juillet 2007, quelques mois après avoir fait élire 41 députés, Mario Dumont et le responsable du financement de l’Action démocratique du Québec, Leo Housakos, ont effectué un voyage en famille à Hawaii et en Californie.
À Hawaii, le jeune politicien en pleine ascension, pressenti pour devenir premier ministre, a rencontré le controversé et prolifique homme d’affaires à quelques reprises sur une période de quatre à cinq jours.
Repas partagés
Confronté aux informations du Journal, M. Dumont admet que lui, M. Housakos et leur famille ont fréquenté Tony Accurso, qu’ils ont partagé quelques repas et même que l’entrepreneur a réglé la facture à certaines occasions.
L’ex-politicien devenu animateur de télévision jure qu’il ne savait pas, au moment de planifier le voyage, qu’il allait rencontrer sur place l’homme derrière Constructions Louisbourg et Simard-Beaudry.
Toutefois, M. Dumont n’écarte pas la possibilité que Leo Housakos, une connaissance de Tony Accurso, ait pu faire concorder les dates de voyage de tout le monde, surtout que l’homme d’affaires se trouvait dans le même complexe hôtelier qu’eux.
«Que ça n’ait pas été complètement un hasard, oui, c’est possible», a-t-il convenu mercredi.
Lors de leurs discussions, celui qui a été récemment arrêté par l’UPAC a clairement proposé au chef adéquiste de séjourner sur son luxueux yacht.
«J’avais l’impression que sa grosse priorité, c’était de m’inviter sur son bateau et j’ai dit un non catégorique à ça», a affirmé M. Dumont.
Malaise?
Se défendant d’avoir commis une erreur, l’ex-adéquiste plaide que ces événements sont survenus bien avant que les allégations de fraude se multiplient à l’égard de Tony Accurso.
«Je n’avais pas de problème à le rencontrer et à souper avec lui là, au contraire. À l’époque, c’était un homme d’affaires bon à connaître, un homme à succès», résume-t-il.
Il indique par contre ne pas avoir «beaucoup aimé» que l’homme, qu’il avait d’ailleurs déjà rencontré auparavant, pousse l’audace jusqu’à l’inviter sur son bateau.
«J’étais capable de comprendre ce qui se passait et je voulais me garder les mains libres là-dedans. Avec cinq ans de recul, j’ai un autre regard sur ces événements-là et est-ce que c’est malaisant (sic), oui, un peu, ça donne à réfléchir», a-t-il dit, trahissant un certain inconfort.
Un homme populaire
Chose certaine, Mario Dumont affirme sans ambages que Tony Accurso était loin d’être le seul homme d’affaires à avoir cherché à se rapprocher de lui alors qu’on le disait à une élection près du pouvoir.
«Malheureusement, c’est triste, mais c’est comme ça. C’est terrible comme le regard des gens change quand tu changes de statut. Des gens d’affaires, j’en ai rencontrés, j’en ai fait des dîners et des soupers», a-t-il résumé.