Un livre, rédigé par la journaliste canadienne Paula Todd et publié sur internet jeudi, soutient que la meurtrière Karla Homolka vit en Guadeloupe, dans les Antilles françaises et qu’elle a maintenant trois enfants.
Paula Todd est partie en Guadeloupe au printemps dernier, où elle affirme avoir retrouvé Mme Homolka, qui aurait pris le nom de « Leanne Bordelais ».
En effectuant des recherches sur internet, la journaliste a appris que Karla Homolka était possiblement professeure dans une école en Guadeloupe.
Elle a également appris que Karla Homolka avait été liée à Thierry Bordelais – le frère de son avocate Sylvie Bordelais. Celui-ci serait par ailleurs le père de son premier enfant qu’elle a eu alors qu’elle habitait encore à Montréal.
Dans son livre de 40 pages, la journaliste raconte comment elle est arrivée sur l’île et a cherché le nom de Karla Homolka dans le bottin téléphonique.
« Bien sûr, je ne m’attendais pas à trouver son nom dans le bottin, a-t-elle expliqué. Mais les gens, comme j’allais le découvrir un plus tard dans mes démarches, ont souvent tendance à laisser au hasard les détails les plus anodins. »
« J’ai misé sur le fait qu’avec l’attention médiatique qu’elle a reçue à sa sortie de prison et les voisins qui n’étaient pas enchantés par sa présence aux alentours, elle chercherait à s’enfuir à l’extérieur du Canada et devait donc se trouver un nom légal pour les besoins de l’immigration », a raconté Mme Todd dans son livre.
« C’est alors que je me suis dit : ‘Leanne’ est son deuxième nom à la naissance, et ‘Bordelais’ est le nom de famille du père de son enfant, ce qui donnerait ‘Leanne Bordelais’. »
Lors de recherches plus approfondies, la journaliste a finalement repéré une « Leanne Bordelais » qui détenait un certificat en administration et qui vivait en Guadeloupe.
Paula Todd est donc partie sur l’île française. Sur une route de graviers secondaires, elle a fini par trouver une boîte à lettres en métal avec l’inscription « Leanne Bordelais » apposée en noir.
C’est ainsi qu’elle a retrouvé Karla Homolka, le 5 mai dernier, dans une région éloignée de l'île où elle vit avec son nouveau mari.
La journaliste a tout d’abord été priée de partir, mais Mme Homolka a finalement accepté de lui parler.
« Elle a le teint basané et porte très peu de maquillage, a rapporté la journaliste. Dans l’ensemble, elle ressemble beaucoup à ce dont elle avait l’air en 2006, quand un journaliste de Montréal l’avait rencontrée. »
Son mari, Thierry Bordelais, s’est joint à eux. Ensemble, ils ont protégé leurs trois enfants de la journaliste, formant une sorte de mur pour l’empêcher de les apercevoir.
« Je m’étais préparée au fait qu’elle ait un enfant, mais comment la femme qui a tué trois enfants peut-elle en avoir maintenant trois à elle? », s’est questionnée Paula Todd.
Mme Todd a eu une courte conversation avec Mme Homolka, avant que son mari ne téléphone à son avocat.
Karla Homolka a par la suite précisé à la journaliste : « tout ce que j’ai dit, c’est confidentiel ».
Karla Homolka a purgé une peine de 12 ans de prison pour homicide involontaire, pour son rôle dans les meurtres de Kristen French, âgée de 15 ans, et de Leslie Mahaffy, âgée de 14 ans. Elle avait alors accepté de témoigner contre son mari, Paul Bernardo.
« Homolka a recouvré sa liberté en 2005 pour recommencer sa vie à Montréal. Deux ans plus tard, elle a simplement disparu », a rappelé la journaliste Paula Todd.