Neil Diamond n’a pas perdu la main. Au contraire. L’ancien roi de Las Vegas s’est montré irréprochable hier soir au Centre Bell. Bien que ses succès datent du siècle dernier, le New-Yorkais d’origine a prouvé aux 9 357 spectateurs qu’on ne peut fixer une date de péremption sur des mélodies aussi solides que les siennes. Quarante ans plus tard, des chansons comme Sweet Caroline résonnent toujours aussi fort dans le cœur des amateurs.
Le public
À l’instar des Beach Boys, qui foulaient les planches de l’amphithéâtre 24 heures plus tôt, Neil Diamond a connu son heure de gloire dans les années 1960. Le public du chanteur est toutefois moins hétérogène que celui de Brian Wilson et compagnie. Les jeunes adultes se faisaient plutôt rares dans la salle hier soir.
Quant aux adolescents, ils brillaient par leur absence, alors que la veille, ils étaient plusieurs à battre le rythme sur les airs des BB.
L’ouverture
Mélodramatique à souhait. Un superbe crescendo mariant percussions, guitare électrique, claviers et cuivres. Tout de noir vêtu, Diamond est apparu sans crier gare au milieu du décor. Muni de sa guitare, le chanteur a pris la pose sous les cris des spectateurs avant d’entonner Soolaimon (African Trilogy II).
Une entrée en matière pompeuse, mais diablement efficace, semblant tout droit sortir de la bande originale du Roi Lion. Mais compte tenu de l’année de parution du morceau (1970), impossible d’accuser le chanteur de plagiat. Quant à Elton John et ses acolytes du Lion King, c’est une autre histoire…
Présence sur scène
Un vrai pro, ce Neil Diamond. La scène n’a plus de secret pour lui. Il pose les bons gestes au bon moment… avec élégance et raffinement. Regards complices avec ses admiratrices, démarche assurée… On sent les années d’expérience et les séries de concerts dans les casinos de Las Vegas. Malgré nos réserves, on tombe sous le charme en deux temps trois mouvements! Il fallait voir ses déhanchements sur You Got to Me... À en juger par la réaction de l’auditoire, la magie opère toujours.
Allocutions
Hormis un « Bonsoir Montréal » en lever de rideau, Neil Diamond s’est montré peu loquace durant les 60 premières minutes du concert. Mais une fois la glace brisée, impossible de l’arrêter! « Je me suis buté aux portes des maisons de disque pendant huit longues années en début de carrière », a-t-il notamment raconté avant d’entonner son premier succès, Solitary Man (1966).
Les tubes
Une véritable machine à tubes, ce Neil Diamond. Des mélodies parfaitement construites qui ont traversé les époques et les modes. Ses chansons ont fait l’objet d’un nombre incalculable de reprises au fil du temps. Le chanteur s’est réapproprié plusieurs d’entre elles durant sa prestation de deux heures.
Des exemples ? Girl, You’ll Be a Woman Soon, revisitée par Urge Overkill sur la bande originale du fameux Pulp Fiction de Quentin Tarantino. Red Red Wine, que le groupe australien UB40 a transformée en langoureux classique de bar au milieu des années 1980. You Don’t Bring Me Flowers, un duo avec Barbra Streisand qu’il a chanté avec une de ses choristes. Et I’m a Believer, que les enfants associent aux aventures de l’ogre Shrek (une reprise de Smash Mouth en 2001). Diamond a transformé ce hit des Monkees en ballade bien sentie hier soir.
L’entracte
Bien qu’il ait soufflé ses 71 bougies en janvier, Neil Diamond ne s’est pas offert de répit. Et c’est très bien ainsi. On n’a jamais compris ce besoin de scinder un concert en deux parties.
La première partie
Neil Diamond n’avait retenu les services d’aucun artiste pour réchauffer la salle. Une décision qui a semblé ravir l’auditoire, qui a chaudement applaudi la nouvelle lorsque l’annonceur maison du Centre Bell en a fait mention quelques minutes avant le début du concert.