Alors que les Québécois fêtent fièrement la Saint-Jean, ils exportent de plus en plus leur vocabulaire en France puisque « bobettes », « déneigeuse » et « passer dans le beurre » viennent de faire leur entrée dans le dictionnaire Le Petit Robert de leurs ancêtres.
Ces mots rejoignent ainsi les rangs de la célèbre « poutine » et du « magasinage » déjà imprimés dans la précédente édition du dictionnaire français.
On retrouve également cette année l’« urgentologue », le « piquetage », le « taxage » ou encore la « sloche ».
Une dizaine de mots
Au total, près d’une dizaine de mots et expressions ont fait le saut jusqu’en Europe.
« C’est le signe d’un rapprochement, livre Mario Beaulieu, le président de la Société Saint-Jean-Baptiste de Montréal et du comité de la Fête nationale. Et c’est une très bonne chose ! »
La linguiste Anne-Marie Beaudouin-Béjin, chargée de cours à l’Université Laval, salue aussi cette ouverture, avec un léger bémol.
« Depuis trois ans, de plus en plus de québécismes sont répertoriés dans Le Petit Robert, mais je regrette qu’il y ait une marque d’usage régionaliste à côté de chacun d’eux, alors que les régionalistes français ne sont pas indiqués. »
Les Québécois semblent fiers de ce métissage linguistique, à l’image de Maxime Beaudry, un jeune étudiant montréalais. « Ça démontre que le Québec fait parler de lui et que, peut-être, les Français qui viennent ici repartent chez eux avec un peu de nous », sourit-il.
« On ne peut qu’être contents d’avoir une telle empreinte sur nos aïeux. On parle souvent de l’influence française alors pour une fois nous avons nous aussi un impact. On va doublement fêter la Saint-Jean ! », plaisante son amie, Élodie Leclerc.
C’est quoi « bobettes » ?
Pour les immigrants français installés à Montréal, la nouvelle entraîne quelques interrogations.
« Ça veut dire quoi bobettes ? », questionne Antoine Wusher, pourtant au Québec depuis un an et demi, sous le regard amusé de son ami Simon Duval, immigré depuis six ans.
« Ce sont tout simplement des sous-vêtements », lui explique ce dernier.
Une fois la petite lacune de langage comblée, deux autres de leurs amis renchérissent. « C’est très bien que ces mots entrent dans Le Petit Robert. On s’enrichit les uns des autres, c’est un plus. Et puis, on a bien mis parking alors pourquoi pas tabarnak ! », estiment Antoine Ville et Julien Romanet.
Quoi qu'il en soit, les Français de Montréal semblent bien décidés à fêter la Fête nationale comme il se doit, signe pour eux d’intégration et de découverte culturelle.
« Nous sommes fiers d’être au Québec et participer à la Fête nationale est une marque d’intégration et d’ouverture », poursuit Antoine Ville.
« Pendant deux jours, on aura l’impression d’être Québécoises », ajoutent Marion Tixier et Maude Riamon, deux jeunes Françaises fraîchement débarquées dans la Belle province. Elles ont l’intention de participer au défilé, au feu de joie et aux concerts des artistes locaux, habillées en bleu et blanc, évidemment.