Plusieurs dizaines de milliers de personnes ont afflué aux abords de la rue Sherbrooke, dimanche, pour poursuivre les célébrations de la Fête nationale, à l’occasion du Défilé des Géants.
Contrairement à l’année dernière, la belle température était au rendez-vous pour accueillir les René Lévesque, Maurice Richard, Jean-Pierre Ferland, Félix Leclerc et trente autres figurines géantes relatant les périodes historiques qu’a traversées le Québec. Ils ont déambulé sur près de quatre kilomètres parmi les fanfares, acrobates et 1200 figurants, entre la rue Fullum et le parc Maisonneuve.
Une vingtaine de manifestants du «Réseau de résistance du Québécois» (RRQ) ont tenté de se mêler au cortège dès le début, mais les policiers les ont rapidement forcés à rester avec les spectateurs.
Le public a été accueilli par le Voyageur, personnage central de la fête, personnifié pour une deuxième année par le comédien François Gadbois. Les figurines géantes de Michel Chartrand, gracieuseté de la CSN, et Denise Pelletier, ont été introduites au défilé cette année, accompagnées de Grock, clown présenté par le Festival de Cirque de Vaudreuil-Dorion.
Des comédiens québécois prenaient part au défilé dans des voitures décapotables. Les Belles-Sœurs de Michel Tremblay étaient représentées par les comédiennes Guylaine Tremblay et Marie-Évelyne Baribeau. Émilien Néron et Sophie Nélisse, du film Monsieur Lazhar, en plus d’Annie Brocoli, d’Arthur l’Aventurier et l’équipe des Bleus de la Ligue nationale d’improvisation (LNI) ont également paradé.
Comme dernière figure, le chanteur Vincent Vallières a offert ses plus grands succès du haut d’une scène mobile, dont la chanson On va s’aimer encore, en compagnie de quatre musiciens. La population était invitée à fermer le cortège jusqu’au parc Maisonneuve.
Le parc Maisonneuve a proposé plusieurs activités familiales en attendant le grand spectacle de 21h, incluant une prestation d’Alain-François, suivie d’Alfa Rococo.
Un défilé dans un contexte politique effervescent
Plusieurs politiciens ont pris part à la grande marche, dont Pauline Marois, Thomas Mulcair, Bernard Landry, Gilles Duceppe et Françoise David, accompagnés des porte-parole de la Fédération étudiante collégiale du Québec (FECQ) et de la Fédération étudiante universitaire du Québec (FEUQ), Éliane Laberge et Martine Desjardins. Aucun député libéral n’a été aperçu, pas plus que les porte-parole de la CLASSE.
Martine Desjardins de la FEUQ a dit qu’«on avait oublié que c’était la fête de tous les Québécois, mais qu’il y a la jeunesse aussi, qui avait perdu sa voix dans la dernière année et l’a retrouvée.»
Selon la porte-parole de Québec Solidaire, Françoise David, cette année, le défilé de la St-Jean «c’est aussi la fête du rouge. C’est la fête d’un printemps qui a libéré les paroles et les actes.»
L’ex-chef du Bloc québécois, Gilles Duceppe, a plutôt rappelé le caractère apolitique de la Fête nationale. «C’est, je pense, la fête, qu’on soit de gauche, de droite, souverainiste ou fédéraliste, de tous ceux et celles qui vivent au Québec», a-t-il lancé.
Des propos qui ressemblaient à ceux du chef du Nouveau parti démocratique. «C’est une journée magnifique. Il y a beaucoup de familles. On est juste là, comme à chaque année, pour festoyer», a déclaré Thomas Mulcair.
Au terme du défilé, les personnalités politiques se sont arrêtées au Château Dufresne pour prononcer des discours.