OTTAWA - Le Québec doit exercer un leadership au niveau de la francophonie canadienne, mais cela doit se faire entre partenaires égaux avec les communautés francophones minoritaires, clame la Fédération des communautés francophones et acadienne du Canada.
«C’est un leadership partagé, a affirmé la présidente de la Fédération, Marie-France Kenny, en marge de la conférence ministérielle sur la francophonie qui se déroule à Edmonton, en Alberta. On a souvent l’impression que le Québec doit nous parrainer, mais on est de grands enfants et on peut se tenir debout sur nos deux jambes. Ce qu’on cherche, c’est un partenariat d’égal à égal. On a une expertise à apporter aussi.»
Selon elle, s’il y a eu des tensions par le passé, il faut «bâtir» sur les nouvelles initiatives annoncées par le ministre québécois des Affaires intergouvernementales canadiennes et de la francophonie, Yvon Valllières, a-t-elle avancé.
Dévoilé le 29 mai à l’issue du Forum de la francophonie canadienne à Québec, ce plan d’action énumère 14 initiatives qui seront mises en œuvre au cours des cinq prochaines années, dont la participation du Québec au Congrès mondial acadien - une première - la création d’une bibliothèque numérique qui regroupera divers thèmes de la francophonie canadienne, l’appui au développement de Radio Jeunesse des Amériques et au Parlement francophone des jeunes des Amériques ainsi que des liens de coopération économique.
M. Vallières avait alors rappelé «qu’un grand pas» avait été franchi depuis le lancement de la politique du Québec en matière de francophonie canadienne, en 2006.
Cette politique va dans le bon sens, croit Mme Kenny.
«On ne peut pas partir de pas grand-chose et aller d’un extrême à l’autre. Donc, il faut bâtir. C’est ce qu’on fait en partenariat avec le Québec», a-t-elle souligné.
Côté fédéral, Mme Kenny souligne qu’il y a à la fois des reculs et des avancées en matière de protection des droits linguistiques des francophones de l’extérieur du Québec. La Fédération n’était pas d’accord avec la nomination d’un vérificateur général unilingue anglophone. Autre pomme de discorde : les cibles fixées par le ministère de la Citoyenneté canadienne et de l’Immigration pour accueillir des immigrants francophones dans les milieux francophones hors Québec. Une rencontre avec le ministre de ce portefeuille, Jason Kenney, se fait toujours attendre, a-t-elle déploré.