Les gars de Misteur Valaire blaguent beaucoup en entrevue. Tellement, qu’on a parfois du mal à distinguer le vrai du faux. Pince-sans-rire à l’extrême, Drouin, Luis, France, Jules et To n’en ratent pas une. Question : « Vous considérez-vous comme un groupe ambitieux ? » Réponse : « Oui. On veut jouer dans de beaux mariages… grecs si possible. C’est le rêve ultime. On est même prêt à adapter notre matériel. » Question : « Pourquoi avez-vous décidé de lancer un album enregistré lors de votre grand concert extérieur au Festival de jazz ? » Réponse : « Parce que le Live à Sorel est tombé entre deux chaises. On voulait se racheter. »
Bien évidemment, le quintette finit toujours par fournir les explications désirées, notamment en ce qui concerne sa troisième galette, tirée de son passage au cœur du Quartier des spectacles l’été dernier.
« C’était le point culminant de notre tournée, explique Luis. C’était aussi le plus gros show de notre vie. On avait une équipe immense, des invités… On avait beaucoup de moyens. »
Présenté en plein centre-ville devant une foule de plusieurs milliers de personnes, ce concert a permis au groupe d’asseoir sa réputation à l’échelle locale. Épaulés par James Di Salvio et Liquid de Bran Van 3000, Gigi French, Béni bbq, Senja Sargeant et huit musiciens jazz, les Sherbrookois d’origine ont joué les titres de Friterday Night (2007) et Golden Bombay (2010), en plus des chansons inédites Just Get Down et Shaving (Part 3).
« C’est l’fun qu’elles sortent sur un album, dit Drouin. On les faisait seulement en show et les gens nous les demandaient souvent. »
Formation multiplateforme jusqu’au bout des ongles, Misteur Valaire profite également du lancement du disque pour proposer un documentaire sur les coulisses du méga concert. Offert sur le site docu.mv.mu, ce film réalisé par Philippe Arsenault et bourré d’anecdotes d’arrière-scène relate la préparation technique du spectacle. Pour le groupe, il s’agissait d’une excellente façon d’immortaliser l’événement et de chasser le stress dans les heures précédant le moment de vérité.
« Philippe est un ami, précise Luis. Ça nous faisait du bien de répondre à ses questions. Ça nous changeait les idées. Autrement, on aurait passé la journée à penser au show. »
Une percée à l’étranger
Misteur Valaire ne chôme pas cet été. En juillet, le groupe participera à plusieurs événements d’envergure, dont la Fête du lac des Nations à Sherbrooke, les Régates de Valleyfield, le FestiVoix de Trois-Rivières et, surtout, le Festival d’été de Québec (le groupe se produira sur les plaines d’Abraham en première partie de Jean Leloup). Ensuite, il s’envolera pour l’Allemagne, où il donnera pas moins de neuf concerts au mois d’août.
« Étant donné que ça fonctionne bien en France, ça nous permet d’élargir notre cercle sur les pays avoisinants », dit Jules.
« La prochaine étape, c’est l’Angleterre, annonce France. C’est un gros marché, mais on y croit. Il faut se frayer un chemin au travers des centaines de bands. Mais si on a une bonne équipe, tout est possible. »
« On voit loin et on s’organise pour y arriver. On n’est pas limité par la langue. Notre ambition, c’est le monde », ajoute Drouin.
Souvenirs de Fête nationale
Au moment de notre entretien, les membres de Misteur Valaire se remettaient d’une Saint-Jean-Baptiste survoltée. Dimanche dernier, le groupe doublait la mise au parc Maisonneuve. À 21 h, il fêtait en compagnie d’Ariane Moffatt, Guy A. Lepage, Daniel Bélanger et Isabelle Boulay devant près de 150 000 personnes… et quelques heures plus tard, il clôturait la soirée avec une prestation survoltée de 90 minutes.
« On avait peur que les gens s’en aillent après le grand spectacle. Il fallait brancher nos instruments, réaménager la scène… Pis la pluie a recommencé. Heureusement, les gens sont restés. »
De cette soirée, le quintette retiendra notamment l’ambiance en coulisses (« très familiale ») et sa collaboration avec Ariane Moffatt sur une chanson de Jean-Pierre Ferland. « C’était un honneur de faire ça devant lui, dit Luis. Ça s’est passé tellement vite. On est revenu d’Europe, pis la journée d’après, il fallait commencer les répétitions. On n’a pas eu beaucoup de temps pour se préparer. Ça nous a fait pomper le cœur pendant un certain temps. »
Les gars n’ont jamais su ce que Ferland avait pensé de leur numéro.
« Si on avait été une fille un peu plus sexy, je pense qu’on aurait eu plus de chances d’avoir un bon feedback de sa part ! », rigole Luis.
Live @ Montréal En magasin le 3 juillet