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Réglez ça au plus vite !

Réglez ça au plus vite !
photo d’archives Le commissaire de la LNH, Gary Bettman, déclenchera-t-il un autre lock-out  au terme de la présente convention collective ? En fait, la décence commande que les deux parties s’entendent rapidement.

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Il n’est pas dans mes habitudes de prendre des résolutions au Nouvel An. Mais en cette veille du début de la deuxième moitié de l’année et de la chasse aux joueurs autonomes, je m’engage à ne pas m’éterniser sur un éventuel arrêt de travail dans la LNH si les négociations entre les propriétaires et les joueurs devaient en arriver là.

Et je me permets d’ajouter que si les médias avaient un tant soit peu de sens, ils mettraient la pédale douce sur cette bataille entre les PME que sont les joueurs et les mieux nantis de la société que sont les propriétaires.

Non, mais pensons-y un peu.

Avant même que Gary Bettman et ­Donald Fehr ne commencent à échanger sur les positions qu’ils adopteront dans les pourparlers pour le renouvellement de la convention collective, des millions de dollars tombaient du ciel à Pittsburgh et à Los Angeles.

Malgré les commotions cérébrales qu’il a subies au cours des deux dernières saisons, Sidney Crosby s’est vu accorder une prolongation de contrat de 12 ans, d’une valeur globale de 104,2 M $, par les Penguins.

Jonathan Quick a été récompensé pour avoir mené les Kings de Los ­Angeles à une première conquête de la coupe Stanley en recevant lui aussi une prolongation de contrat de 10 ans qui lui rapportera la jolie somme de 58 millions.

Demain, Zach Parise et Ryan Suter, les joueurs les plus convoités du marché des joueurs autonomes cette année, ­assureront leur avenir et ceux de leur progéniture pour quelques générations.

Grand bien fasse à tous ces joueurs et à tous les autres qui profitent de cette manne !

Ce n’est pas moi qui vais les jalouser.

LONG CHEMINEMENT

Lors du lock-out qui a causé l’annulation de la saison 2004-2005, je m’étais rangé derrière les propriétaires. Pas parce que j’enviais les joueurs, bien au contraire.

Pendant le premier demi-siècle ­d’existence de la LNH, les propriétaires ont profité de l’ignorance des joueurs pour les exploiter.

Les choses ont commencé à changer avec la création de l’Association des joueurs et la grande expansion en 1967, puis avec l’arrivée de l’Association ­mondiale en 1972.

À la fin des années 1980, les joueurs ont imité leurs confrères des ligues ­majeures de baseball et de la Ligue ­nationale de football en se prononçant pour la divulgation de leurs salaires.

Ironiquement, Bobby Smith, qui ­cumulait les fonctions de vice-président de l’association et son coéquipier Guy Carbonneau, qui était représentant des joueurs du Canadien, s’étaient élevés contre cette mesure.

Les deux estimaient que les médias et les amateurs en savaient déjà assez sur la vie des joueurs à Montréal, sans qu’on connaisse leurs salaires.

La suite des événements a montré que c’est la meilleure chose qui leur soit ­arrivée.

TROIS CONFLITS EN 13 ANS

Trois conflits, une grève et deux lock-out, ont paralysé les activités de la LNH entre 1992 et 2005.

La dernière fois, j’avais pris position pour les propriétaires parce que ­j’estimais que les joueurs avaient comblé l’écart qui les ­séparait des magnats de la ligue.

Aujourd’hui, il faut bien avouer qu’ils avaient bien raison d’accuser les ­propriétaires de cacher des revenus.

Le plafond salarial est passé de 39 à 70,2 millions en sept ans et le plancher de 21,5 à 54,2 millions.

Les propriétaires y ont trouvé leur compte puisqu’ils ont reconduit la convention collective non pas une, mais deux fois durant cette période.

DE L’ARGENT EN MASSE

Leurs revenus ont atteint un niveau record de 3,3 milliards au cours de la ­dernière saison.

C’est là que je m’arrête.

Si les propriétaires et les joueurs sont incapables de se partager une telle somme, qu’ils déclenchent un autre arrêt de travail et parlons d’autres choses le temps que ça dure.

Mais s’il leur reste un peu de décence, ils vont s’entendre au plus vite.

J’allais ajouter qu’ils n’ont aucune sympathie pour les amateurs, mais j’ai une question : combien de gens sont ­retournés au Centre Bell et dans les ­amphithéâtres des autres équipes ­canadiennes après avoir promis qu’ils n’y remettraient plus les pieds lors du dernier lock-out?

Par contre, plusieurs amateurs n’ont plus les moyens de s’offrir des billets. Les prix dépassent tout entendement et la classe moyenne s’érode peu à peu.

MOINS ATTIRANTES, LES LOGES

Encore une chance que le Canadien jouit d’un bon appui du milieu corporatif et même là. Plusieurs loges sont ­disponibles à la soirée.

La Caisse de dépôt et de placements et la Société des alcools ont fait savoir au cours de la dernière saison qu’elles ne reconduisaient pas leur bail la saison prochaine.

On entend aussi à travers les branches que d’autres entreprises gouvernementales songent à faire de même, craignant d’être photographiées avec des individus peu recommandables dans la foulée des scandales qui secouent le gouvernement.

Dans la même optique, des loges louées à des firmes d’ingénieurs ne sont plus identifiées à l’entrée, mais bon.

Il semble qu’il y aura toujours des ­acheteurs pour le hockey à Montréal. Mais il y a des limites à écœurer le monde.

 

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