Des restes humains, possiblement une tête, auraient été retrouvés en bordure du lac du parc Angrignon, dimanche, dans le sud-ouest de Montréal, a appris l'Agence QMI.
On ignore pour l’instant à qui ces restes humains appartiennent et s'il s'agit de restes humains. Toutefois, sans confirmer qu’elle serait celle de l’étudiant chinois Jun Lin, présumée victime de celui surnommé le «dépeceur de Montréal», Luka Rocco Magnotta, ni même que ce qui a été retrouvé est bien une tête humaine, la porte-parole de la police de Montréal a fait référence à ce dossier.
«C’est une information reçue par les enquêteurs des crimes majeurs dans le dossier Magnotta qui les a menés au parc Angrignon», a spécifié la porte-parole du Service de police de la Ville de Montréal (SPVM), Anie Lemieux, en ajoutant que l'information n'avait pas été transmise par un passant.
Mme Lemieux a indiqué que «c’est quelque chose qui ressemblerait à des restes humains» qui a été retrouvé. Elle a ajouté que ce qui a été découvert dans le parc sera analysé au cours des prochains jours au Laboratoire de sciences judiciaires et de médecine légale à Montréal et que les résultats pourraient être connus d’ici une semaine.
Selon la porte-parole, c’est principalement par respect pour la famille de Jun Lin que la police confirme très peu d’informations. La famille de Jun Lin aurait d’ailleurs été rencontrée et informée des derniers développements survenus dans cette affaire.
Une fois l’analyse effectuée, «on sera en mesure de confirmer s’il s’agit de restes humains et si le tout est relié au dossier de Magnotta», a conclu Mme Lemieux.
Important déploiement policier
De nombreux policiers et enquêteurs étaient dans le parc Angrignon en début de soirée, dimanche. Un camion de l'identité judiciaire de la police a notamment été aperçu. Un périmètre de sécurité a été établi dans le parc.
On se souvient que la tête de Jun Lin, étudiant à l’Université Concordia, était toujours manquante, alors que son tronc a été retrouvé dans une valise dans un amas d’ordures dans le quartier montréalais de Côte-des-Neiges et que quelques-uns de ses membres ont été envoyés par la poste en différents endroits du pays à la fin mai et au début juin.
Une série de macabres découvertes
Par André St-Pierre / Agence QMI
Mardi 29 mai : le tronc d’un homme est découvert en matinée dans une valise placée dans un amas d'ordures, près de l’immeuble Place Lucy, dans l’arrondissement Côte-des-Neiges-Notre-Dame-de-Grâce, dans l’ouest de Montréal.
Mardi 29 mai : dans la même journée, un pied humain est trouvé dans un colis envoyé au siège social du Parti conservateur, à Ottawa. En soirée, un autre colis contenant une main humaine est trouvé au centre de tri de Postes Canada, à Ottawa. Le contenu était destiné au siège social du Parti libéral.
Mercredi 30 mai : la police d'Ottawa confirme que la main gauche et le pied gauche retrouvés à Ottawa ont été envoyés à partir du même endroit à Montréal. Le Service de police de la Ville de Montréal (SPVM) confirme que le torse et les parties du corps proviennent de la même personne.
Vendredi 1er juin : la police de Montréal confirme que le corps démembré retrouvé le 29 mai est celui de Jun Lin, un ressortissant chinois âgé de 33 ans qui étudiait à l’Université Concordia.
Mardi 5 juin : la police de Vancouver révèle que deux colis contenant des membres humains ont été envoyés à deux écoles de Vancouver. L’école St. George’s a reçu un pied droit vers 13 h mardi et un peu plus tard en après-midi, un employé de l’école élémentaire False Creek a découvert une main droite dans un colis. Le mystère plane afin de comprendre pourquoi ces écoles ont été ciblées. Des tests d’ADN seront effectués sur les membres afin de vérifier leur provenance.
Mercredi 6 juin : le SPVM confirme que les deux colis envoyés aux écoles de Vancouver ont été expédiés à partir de Montréal, via Postes Canada.
Mercredi 13 juin : le SPVM confirme que le pied et la main expédiés aux deux écoles appartiennent bel et bien à Jun Lin, la présumée victime de Luka Rocco Magnotta.
Dimanche 1er juillet : une tête aurait été retrouvée en bordure du lac du parc Angrignon, dans le sud-ouest de Montréal, mais le SPVM n’avait toujours pas confirmé cette information en soirée.
Magnotta : une semaine de cavale avant d’être arrêté, extradé, puis formellement accusé
Par Joëlle Girard / Agence QMI
Luka Rocco Magnotta est officiellement identifié, le 30 mai dernier, comme le meurtrier présumé de Jun Lin, cet étudiant chinois dont le torse a été retrouvé à Montréal. S’en suit une chasse à l’homme digne d’un scénario hollywoodien.
Fouillant son appartement de l’arrondissement de Côte-des-Neiges-Notre-Dame-de-Grâce dans la nuit du 29 mai, les enquêteurs de la police de Montréal rassemblent des indices, sans toutefois pouvoir mettre la main au collet de Magnotta. C’est donc le 30 mai au matin qu’ils lancent un mandat d’arrestation pancanadien contre lui.
La chasse à l'homme prend une ampleur internationale dès le 31 mai, alors qu’Interpol et le FBI joignent leurs efforts à ceux de la police de Montréal, après l’annonce indiquant que le suspect s’est probablement enfui du pays. Grâce à l’aide d’Interpol, les territoires de 190 pays sont alors ratissés.
Peu de temps après, Magnotta est repéré à l’Hôtel des Batignolles, à Paris, grâce à son téléphone cellulaire. La police française est à ses trousses, mais dès le 1er juin, Magnotta s’enfuit à bord d’un autocar de la compagnie Eurolines à destination de Berlin.
Le suspect est traqué par les caméras de surveillance d’un aéroport non identifié et d’une gare routière à Bagnolet, en banlieue de Paris, mais il demeure toutefois difficile à épingler.
C’est finalement le 4 juin que Magnotta est bêtement interpellé par la police allemande dans un café internet de la rue Karl-Marx, dans le quartier de Neukölln, à Berlin. C’est un employé du café qui l’a reconnu alors qu’il regardait des images pornographiques et des articles au sujet de sa propre cavale.
Ne s’opposant pas à son extradition, Luka Rocco Magnotta est ramené de l’Allemagne vers le Canada le 18 juin à bord d’un Airbus Polaris de l’Aviation royale canadienne. Une impressionnante délégation de policiers l’attendent à l’aéroport de Mirabel.
Le 19 juin, l’homme de 29 ans comparaît par vidéoconférence au palais de justice de Montréal. Il est formellement accusé entre autres du meurtre prémédité de Jun Lin, d’outrage à un cadavre, d'avoir produit et distribué du matériel obscène, d’avoir utilisé la poste pour envoyer du matériel obscène et de harcèlement envers le premier ministre Stephen Harper ainsi que des membres du Parlement.
Les avocats de Magnotta n'ont pas demandé d’évaluation psychiatrique de leur client. Ayant plaidé non coupable aux chefs d’accusation, l’accusé doit donc subir un procès devant jury. Il doit revenir devant la justice en mars prochain.