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Le journal  à Karlovy Vary

Bel accueil pour Mars et Avril

Maxime Demers

Maxime Demers @

Journal de Montréal, Publié le: | Mise à jour:

Film Mars et Avril

Journal de Montréal

KARLOVY VARY, République Tchèque | « Je me sens libéré », a admis le cinéaste Martin Villeneuve alors que son film Mars et Avril, qu’il a mis des années à achever, a enfin été présenté en première mondiale, hier soir, au Festival de Karlovy Vary.

« C’est surréaliste de montrer finalement le film à un public, mais pour moi, la grande réussite, c’est de l’avoir terminé, insiste le jeune réalisateur, en référence au long chemin tumultueux qu’il a dû traverser pour venir à bout de ce premier long métrage.

Pour son baptême tant attendu, Mars et Avril a été projeté en début de soirée hier dans une grande salle du chic et splendide hôtel Pupp, ou a été en partie tourné le film de James Bond Casino Royale.

Les sièges étaient pratiquement tous occupés et le public - composé de plusieurs jeunes Tchèques dans la vingtaine - a semblé envoûté par cette œuvre poétique, qui dépeint un Montréal futuriste étonnant.

Après la projection, l’équipe du film a eu droit à des applaudissements bien nourris et plusieurs spectateurs sont restés sur place pour poser des questions au cinéaste.

En sortant de la salle, Martin Villeneuve a poussé un soupir de soulagement : « Ça fait bizarre de penser que c’est terminé », a-t-il admis.

Car il faut dire que le jeune frère de Denis Villeneuve porte cette histoire depuis une dizaine d’années. Né d’abord sous la forme de deux photos-romans qu’il a publiés en 2002 et 2006, Mars et Avril raconte l’histoire d’un populaire musicien septuagénaire (Jacques Languirand) qui découvre l’amour pour la première fois dans les bras de la jeune Avril (Caroline Dhavernas).

« Un cauchemar »

Robert Lepage (qui joue dans le film) a d’abord entrepris, en 2005, de réaliser une adaptation pour le cinéma, mais a abandonné le projet en mettant de côté sa carrière de cinéaste. Martin Villeneuve a pris le relais lui-même, sans trop savoir dans quoi il s’embarquait.

« Je me suis retrouvé à barre d’un projet que tout le monde pensait impossible à faire, mais comme je ne savais pas que c’était impossible, je me suis lancé, explique-t-il.

Après avoir terminé le tournage de son film, en 2009, Villeneuve a dépassé son budget initial et s’est retrouvé sans argent pour boucler le projet. Il a dû retourner en financement pendant un an pour trouver les sous pour les effets spéciaux (essentiels pour son film) et la postproduction.

« J’ai pris le pire chemin, le plus difficile, admet-il. J’ai failli tout perdre avec cela. J’ai failli perdre ma maison, me faire saisir mon salaire par la banque. À certains moments, ç’a été un vrai cauchemar. Mais je ne voulais pas que ce que j’avais tourné se retrouve sur une tablette. Je voulais absolument finir le film. »

Science-fiction

Pour l’aider dans cette étape finale, le jeune cinéaste a pu compter sur des collaborateurs de renom qui ont apporté leur expertise au film, dont la firme Vision Globale (pour les effets spéciaux), le réputé bédéiste belge François Schuiten (à la conception visuelle) et Benoît Charest (musique).

Plus tôt dans le processus, son frère Denis, également amateur de science-fiction, l’avait aussi aidé, en agissant comme conseiller à la scénarisation.

« Il y a beaucoup de gens qui ont embarqué parce que c’était la première fois qu’un film de science-fiction avec autant d’effets spéciaux était fait au Québec, indique-t-il.

Selon lui, l’aspect science-fiction suscite d’ailleurs beaucoup de curiosité :

« La bande-annonce est rapidement devenue virale sur Internet, souligne-t-il. On est rendu à 50 000 visionnements sur Internet et à plus de 20 000 abonnés sur notre page Facebook. On sent que le film intrigue vraiment les gens. »


► Mars et Avril prendra l’affiche au Québec cet automne.

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