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Enfermé dans une toilette

Des milliers d’animaux sont laissés derrière lors de déménagements

Enfermé dans une toilette
Photo Le journal de montréal, sarah bélisle La famille de Sébastien Philibert a trouvé Blackie dans leur nouvelle maison et en prend grand soin depuis. Le chien y avait été abandonné par son ancienne propriétaire qui en était la précédente locataire.

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Un chiot en piteux état, enfermé depuis des jours dans une salle de bain de leur nouveau logis. C’est la triste découverte qu’a faite une famille de Laval en déménageant.

« Il aurait pu mourir. Si on n’avait pas emménagé cette fin de semaine, qui sait ce qui serait arrivé », dénonce vivement Alexandra Philibert.

Comme tant d’autres animaux en cette période des déménagements, Blackie a été abandonné par son ancienne propriétaire.

Les Philibert estiment que le chien était confiné dans la petite pièce depuis deux jours, peut-être même trois, à leur arrivée sur place dimanche.

L’animal faisait pitié à voir, regrette Mme Philibert. Le portrait qu’elle en dresse n’a rien de reluisant.

Il était très sale. Sa fourrure était nouée à maints endroits et parsemée d’excréments séchés. Il était visiblement mal nourri et en manque d’affection.

Et c’est sans compter la chaleur pesante qui régnait dans la maison aux fenêtres fermées lorsqu’elle et sa famille s’y sont pointées, ajoute la jeune femme.

Blackie avait tout de même accès à un peu d’eau, note la jeune femme dont la famille prend grand soin depuis.

« C’est un chien. Ce n’est pas un objet, ni un jouet. Avoir un chien, c’est prendre un engagement », lance son frère Sébastien Philibert, ulcéré du sort réservé au chiot.

Non merci

L’ancienne propriétaire de Blackie est même revenue sur place dimanche, raconte Mme Philibert. Elle venait récupérer quelques boîtes qu’elle avait laissées derrière lors de son déménagement quelques jours plus tôt.

Pas question d’amener le chiot avec elle pour autant.

Avec deux enfants, non merci, a-t-elle répondu aux Philibert qui n’en croyaient pas leurs oreilles.

Ces derniers se sont immédiatement pris d’affection pour la petite frimousse enjouée de Blackie.

Mais avec deux chiens et deux chats déjà, impossible pour la famille de le garder.

Faute de lui avoir trouvé eux-mêmes une nouvelle demeure, les Philibert ont contacté la fourrière.

On devait passer prendre le chiot hier, au grand regret de Mme Philibert.

« C’est dommage. Il écoute bien. Il veut juste se faire aimer », laisse-t-elle tomber.

« Un crime »

Abandonner un animal domestique sans avoir recours à une fourrière, « ce n’est pas qu’irresponsable et cruel, c’est aussi illégal. C’est un crime », lance Alanna Devine, directrice du bien-être des animaux de la Société pour la prévention de la cruauté envers les animaux (SPCA).

Mme Devine est catégorique. Il est interdit de les laisser dans des conditions pouvant menacer leur survie.

15 % de plus d’animaux

Les refuges pour animaux abandonnés sont débordés en cette période des déménagements.

Et le nombre de bêtes recueillies croît à une vitesse alarmante, avertit-elle.

L’organisme note depuis le début de 2012 une augmentation de 15 % du nombre d’animaux secourus.

« C’est décourageant, se désole Mme Devine. Il nous reste beaucoup de travail à faire pour responsabiliser les propriétaires et stériliser certains animaux ».

La législation qui prévaut au Québec n’aide en rien, ajoute-t-elle. « En Ontario, les propriétaires ne peuvent pas inclure dans les baux une interdiction d’animaux dans le logement », explique Mme Devine.

Or, déménager dans un endroit où les animaux domestiques sont interdits est la principale raison des abandons, avance-t-elle.

 

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