Le premier en sera à sa neuvième animation consécutive d’un gala Juste pour rire. Son nouveau thème sera la mort. Le second sera seul à la barre d’un gala, après en avoir coanimé six avec Franck Dubosc. Il fera un « hommage/bashing » aux femmes. Pour cette rencontre avec Laurent Paquin et Stéphane Rousseau, le Journal leur a donné rendez-vous dans le Chinatown. Déconnage garanti.
Laurent Paquin et Stéphane Rousseau se connaissent bien, eux qui ont partagé la scène de la comédie musicale Chicago, en 2004. « Laurent faisait le mari cocu et pendant qu’il jouait, je me disais qu’on assistait à la naissance d’un très grand acteur, dit Stéphane. Je ne comprends pas pourquoi on ne le voit pas plus que ça (comme comédien). Sincèrement, il nous clenchait toute la gang. Il avait une force de frappe sur scène. »
« Tu me dis ça aujourd’hui ? », rétorque Laurent, un peu surpris.
« Je n’ai jamais voulu t’en parler parce que j’étais un peu jaloux », répond Stéphane.
« Ce n’est pas grave, poursuit Laurent. C’est quand même toi que les filles attendaient à la sortie pour les autographes ! »
Durant l’entrevue, les deux humoristes se renverront souvent la balle sur leurs carrières respectives, parlant d’abord de Juste pour rire, avant de bifurquer sur la France (voir autre texte).
Rire de ce qui n’est pas drôle
À sa neuvième animation, Laurent Paquin est bien conscient qu’il doit livrer la marchandise, même si, de son propre aveu, il souligne ne jamais s’être « pété la gueule » durant un gala. « Ça doit être pour ça qu’on me demande d’y retourner chaque année ! »
Sacré découverte du festival en 2000, il se voyait confier l’animation d’un gala, pour la première fois, quatre années plus tard. «Je devais coanimer un gala avec Louis-José Houde l’année d’avant, se souvient-il. Mais j’avais un conflit d’horaire avec Chicago. »
Après avoir eu le thème « C’est quoi le problème ? » durant quelques années, il avait poursuivi avec une thématique sur la fin du monde (en 2010) et une sur la dépression (l’an dernier). « J’aime que les gens se demandent de quelle façon je vais arriver a les faire rire avec un tel sujet », dit-il.
Un 10e gala burlesque ?
« Cette année, il fallait que j’aille plus loin. Mais si je reviens pour un 10e gala, ce sera peut-être complètement léger, dit-il. Ça fait des années que je rêve de faire un gala à thématique burlesque, de faire une sorte d’hommage à Gilles Latulippe et au Théâtre des variétés. J’ai fait des numéros avec Jean-Luc Lemoine qui auraient pu être des patterns de sketches burlesques. »
« Même quand tu joues le tarla, c’est toujours incisif, fait remarquer Stéphane. C’est ça que je trouve brillant de toi. Ce n’est pas que le gros nounours. Il y a une subtilité dans ton personnage. Il n’est pas gentil. »
« Je suis toujours étonné que les gens disent « l’humour bon enfant de Laurent ». Il me semble que je suis chien ! »
Après déjà huit animations de gala derrière lui, Laurent assure ne pas être entré dans ses pantoufles. Chaque année, les gens du festival font des affaires pour nous mettre dans le trouble. L’an dernier, ils ont changé de salle. Cette année, on fait des galas en une seule partie de 100 minutes, et deux galas par soir. C’est assez rock ‘n’ roll. »
Vision masculine des femmes
De son côté, Stéphane Rousseau pilotera le traditionnel « gala français » avec pour thématique le sexe féminin. « On va bien sûr les encenser, mais aussi les charrier un peu, indique-t-il. Il y a beaucoup de gars sur le gala, donc ce sera une vision plus masculine de la femme. »
Avec un tel thème, comment arrive-t-on à ne pas être cheesy ?
« On n’y arrive pas. Haha ! J’ai un public un peu plus féminin que masculin et j’avais envie de leur rendre hommage, de rigoler à leurs dépens, de m’amuser de leurs défauts qui font sourire. Je leur demande d’arrêter d’évoluer parce qu’on commence, nous les hommes, à avoir l’air fou là-dedans. »
Pour son gala, Stéphane Rousseau avait d’abord eu l’idée d’une thématique sur la fête. « On avait envie de célébrer, de faire un party. Tout le monde parlait de leurs brosses, de partys de Noël, de mariages. C’était mon idée, mais je me suis rapidement aperçu qu’il n’y avait pas assez de jus là-dedans pour aller plus loin. »
Qu’y a-t-il d’intéressant dans le fait d’animer un gala ? « Il y a quelque chose de prestigieux, répond Laurent. J’aime dire que j’anime un gala à Juste pour rire. Je trouve ça gros, impressionnant. Depuis que je fais le métier, c’est une des affaires que j’aime le plus faire en humour. »