Un ami de Dany Villanueva a écopé d’une lourde peine de pénitencier pour avoir tiré dans le dos d’un homme à la sortie des bars, à la suite d'une altercation en décembre dernier.l
Accompagné d’un groupe d’amis, Bayron Alexis Clavasquin Padilla aura pris les grands moyens pour repousser un groupe d’individus qui l’avait agressé à la sortie d’un club latino. Après qu’un des agresseurs se soit fait tabasser et qu’il ait tenté de fuir, le jeune homme de 22 ans lui aura tiré une balle dans le dos, l’envoyant directement à l’hôpital.
Au départ accusé de tentative de meurtre, de voies de fait graves, de possession d’arme prohibée et d’avoir déchargé l’arme, l’accusé a plaidé coupable à une seule accusation d’avoir déchargé une arme à feu dans l’intention de blesser, la semaine dernière au Palais de justice de Montréal.
Juste après son plaidoyer, il a été condamné à la peine minimale pour ce genre de crime, soit quatre ans de pénitencier. Compte tenu de la détention préventive, il lui reste trois ans et demi à purger.
Clavasquin Padilla n’a pas d’antécédents judiciaires, mais il avait été arrêté en juin 2008 en compagnie de Dany Villanueva pour une affaire de vol qualifié. Sauf qu’à l’automne dernier, un juge avait statué que les policiers avaient agi illégalement lors de l’arrestation des individus. Ils avaient tous été acquittés.
Agresseur agressé
Tout avait commencé au club Micasa de la rue Jean-Talon, le 4 décembre dernier. L’accusé était dans le bar avec des amis lorsque la victime, elle aussi accompagnée, s’en est prise au groupe de Clavasquin Padilla sans raison apparente.
Le groupe de la victime s’était rapidement fait expulser du club. Sauf qu’au lieu de partir, les personnes sont restés devant l’établissement. À leur sortie, Clavasquin Padilla et ses amis se sont fait agressés à coup de bâton.
Sauf que le groupe de l’accusé a rapidement pris le dessus. Les agresseurs ont pris la fuite, sauf Abdou Said Yassin Lemieux, qui s’est alors fait tabasser.
Sur la caméra de surveillance, on ne voit pas Clavasquin Padilla frapper la victime, mais on le voit prendre une arme à feu, y mettre des balles et tirer dans le dos de la victime, alors que cette dernière prenait la fuite, a raconté le procureur à la Couronne, Me Alexandre Arel.
« Ce n’est pas clair comment l’arme est arrivée sur les lieux, mais une image laisse croire que ce n’est pas l’accusé qui avait l’arme dès le début », a ajouté Me Arel.
Une « erreur de jeunesse »
Lors de l’audience, l’avocat de la défense Me Manlio Del Negro a rappelé que son client « avait beaucoup bu » ce soir-là, et que l’altercation avait été initiée par le groupe de la victime.
Selon l’avocat, Clavasquin Padilla a agi « comme dans les films », sauf que son client n’a pas réalisé l’ampleur de son geste sur le moment.
« On espère que c’est une erreur de jeunesse, faite sans réfléchir, a-t-il ajouté. Ce n’est pas un lancer de bouteille, on parle de coup de feu. »
Avant de rendre sa sentence, la juge Sylvie Durand a d’ailleurs rappelé que les conséquences du geste posé par l’accusé auraient pu être bien pire.
« La boisson rend peut-être les choses moins réelles, mais il n’en demeure pas moins que vous avez pris le temps de mettre des balles dans une arme, et que vous avez tiré », a-t-elle conclu.